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Maroc : Le déficit budgétaire ressort à 31 milliards de dirhams au premier semestre 2025

La situation des charges et ressources du Trésor marocain du premier semestre de l’année 2025 fait ressortir un déficit budgétaire, hors produit de cession des participations de l’Etat, de 31 milliards de dirhams (3,410 milliards de dollars), au lieu de 29,2 milliards de dirhams (3,212 milliards de dollars) un an auparavant, selon les données de…

La situation des charges et ressources du Trésor marocain du premier semestre de l’année 2025 fait ressortir un déficit budgétaire, hors produit de cession des participations de l’Etat, de 31 milliards de dirhams (3,410 milliards de dollars), au lieu de 29,2 milliards de dirhams (3,212 milliards de dollars) un an auparavant, selon les données de Bank Al-Maghrib (BAM), la Banque Centrale Marocaine basée à Rabat.

 L’institut d’émission indique que les recettes ordinaires se sont améliorées de 18,7% à 217,2 milliards de dirhams, traduisant principalement des hausses de 16,7% des rentrées fiscales et de 58,9% de celles non fiscales. En parallèle, les dépenses ordinaires se sont alourdies de 15,3% à 199,8 milliards de dirhams, reflétant des augmentations de 20,7% des charges de biens et services et de 11,7% de celles en intérêts de la dette, tandis que les charges de compensation ont reculé de 27,5%. « Le solde ordinaire est ressorti ainsi excédentaire à 17,4 milliards de dirhams au lieu de 9,7 milliards de dirhams à fin juin 2024 », soulignent les services de BAM.

Pour leur part, les dépenses d’investissement ont progressé de 6% à 49,8 milliards, portant celles globales à 249,6 milliards, en accroissement de 13,4% d’une année à l’autre.

Concernant le solde des comptes spéciaux du Trésor, il est ressorti positif à 1,4 milliard de dirhams contre 8,1 milliards de dirhams un an auparavant. Du côté des rentrées fiscales, celles des impôts directs se sont améliorées de 28,3% à 91,7 milliards. « Cette évolution est le résultat, d’une part, de l’augmentation de 32,9% à 53 milliards du produit de l’IS (impôt sur les sociétés), à la faveur principalement de celles de 6,8 milliards au titre du complément de régularisation et de 7,3 milliards des deux premiers acomptes et, d’autre part, de la hausse de 22,7% à 36,3 milliards des rentrées de l’IR (impôt sur le revenu), dont 3,8 milliards proviennent de l’opération de régularisation fiscale volontaire des personnes physiques, 1,8 milliard des recettes issues de l’action de l’Administration fiscale et 490 millions de dirhams de celles générées par l’IR sur les salaires » explique BAM.

S’agissant des impôts indirects, ils ont drainé des recettes de 87,2 milliards, en accroissement de 11%, traduisant des renforcements de 10,3% à 68,8 milliards des rentrées de la TVA et de 13,8% à 18,4 milliards pour la taxe intérieure de consommation (TIC). Selon BAM, l’évolution de cette dernière résulte en particulier des progressions de 15,7% à 10,1 milliards de la TIC sur les produits énergétiques et de 11,6% à 6,7 milliards de celle sur les tabacs. Pour ce qui est de la dynamique du produit de la TVA, la Banque Centrale indique qu’elle intègre des hausses de 10,3% à 44,4 milliards de celle à l’importation et de 10,2% à 24,4 milliards de celle à l’intérieur. Cette dernière tient compte des remboursements de crédit de cette taxe d’un montant de 10,4 milliards, au lieu de 7,6 milliards un an auparavant.

Pour leur part, les rentrées des droits de douane ont baissé de 10,8% à 8 milliards, tandis que celles des droits d’enregistrement et de timbre se sont accrues de 4,9% à 12 milliards. S’agissant des recettes non fiscales, celles provenant des établissements et entreprises publics (EEP) sont passées de 3,9 milliards à 5,9 milliards, dont 3,9 milliards versés par BAM et 1,5 milliard par l’Agence Nationale de la Conservation Foncière. De son côté, la rubrique des autres recettes non fiscales a rapporté 10,2 milliards, en accroissement de 63,9%, dont 1 milliard au titre des mécanismes de financement innovants.

Au niveau des dépenses, celles de biens et services ont marqué une progression de 20,7% à 146,7 milliards de dirhams, avec des accroissements de 10,8% à 86,9 milliards des dépenses de personnel et de 38,6% à 59,8 milliards de celles au titre des autres biens et services. Selon BAM, ces dernières reflètent notamment des bonds de 4,4 milliards à 26,1 milliards des transferts au profit des EEP et de 12,8 milliards à 17,4 milliards des versements aux comptes spéciaux du Trésor. La partie de la masse salariale servie par la Direction des Dépenses de Personnel s’est accrue de 10,9% à 72,9 milliards, résultat d’une augmentation de 14,3% de sa composante structurelle et d’une baisse de 42,7% des rappels. Pour leur part, les charges en intérêts de la dette se sont alourdies de 11,7% à 20,5 milliards de dirhams, avec une progression de 21,2% à 15,6 milliards de dirhams de celles sur la dette intérieure et un repli de 10,6% à 5 milliards de celles sur la dette extérieure.

Concernant les charges de compensation, elles se sont allégées de 27,5% à 10,6 milliards de dirhams, reflétant principalement des baisses de 1,4 milliard à 8,3 milliards des subventions allouées au gaz butane, de 0,8 milliard à 3,5 milliards de celles au sucre et de 0,3 milliard à 1,2 milliard de celle à la farine nationale de blé tendre. Les services de BAM soulignent par ailleurs qu’aucune dépense n’a été constatée en matière de soutien aux professionnels du secteur du transport routier, contre un montant de 1,6 milliard accordé un an auparavant.

« Compte tenu de la réduction du stock des opérations en instance à hauteur de 15 milliards de dirhams, la situation des charges et ressources du Trésor a dégagé un déficit de caisse de 46 milliards, au lieu de 32,2 milliards un an auparavant », note BAM. L’institut d’émission ajoute que ce besoin a été couvert par des ressources intérieures d’un montant net de 11,7 milliards de dirhams et par un flux net extérieur de 34,3 milliards de dirhams. Les tirages extérieurs bruts ont atteint 39,9 milliards, dont 20,9 milliards mobilisés sur le marché financier international et 4,8 milliards auprès du FMI. Le recours au marché des adjudications a permis, pour sa part, de mobiliser 22,5 milliards, contre 33,5 milliards un an auparavant, portant ainsi l’encours de la dette intérieure, selon la Trésorerie Générale du Royaume (TGR), à 778 milliards, en hausse de 3% par rapport à son niveau de fin décembre 2024.

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