L’agence insiste toutefois sur la dépendance persistante du Rwanda à l’aide extérieure, pilier central de son profil de crédit
Moody’s Investors Service a relevé la perspective de la note souveraine du Rwanda de « négative » à « stable », tout en confirmant la notation de crédit à B2. L’agence explique sa décision par l’atténuation des risques géopolitiques liés au conflit dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), résultat d’intenses efforts diplomatiques soutenus par les États-Unis, le Qatar et les autorités rwandaises sous la présidence de Paul Kagamé. La détente entre Kigali et Kinshasa, matérialisée par la signature d’un premier accord de paix en plus de trente ans et par l’établissement d’un cadre d’intégration économique régionale, a pesé favorablement dans l’évaluation de Moody’s.
L’agence insiste toutefois sur la dépendance persistante du Rwanda à l’aide extérieure, qui demeure un pilier de son profil de crédit. La perspective « stable » repose sur l’hypothèse que les tensions résiduelles dans l’est de la RDC ne se transforment pas en confrontation directe entre les deux pays. La note B2 attribuée au Rwanda traduit les contraintes structurelles de son économie – petite taille, faibles revenus, vulnérabilité aux chocs externes et dette publique élevée. Ces fragilités sont néanmoins compensées par des perspectives de croissance fortes, une gestion prudente de la dette et un appui constant des partenaires internationaux.
Moody’s met également en avant la solidité relative des institutions rwandaises par rapport à celles de pays de notation comparable. La gouvernance sous Paul Kagamé est jugée un facteur de résilience, malgré les risques budgétaires liés aux investissements d’envergure du gouvernement, notamment la construction du nouvel aéroport international de Kigali et le développement de Rwandair.
Les plafonds de crédit en monnaies locale et étrangère restent fixés respectivement à Ba2 et B1. Dans son scénario central, Moody’s anticipe une croissance du PIB réel comprise entre 7 % et 8 % par an sur les prochaines années. Cette dynamique, combinée aux mesures d’assainissement budgétaire, devrait permettre au ratio dette/PIB, estimé à 77 % en 2025-2026, d’entamer ensuite une décrue progressive.



