L’Afrique du Sud a enregistré une détérioration notable de sa balance courante au deuxième trimestre 2025. Selon les statistiques publiées ce jeudi 11 septembre par la Banque de réserve sud-africaine (SARB), le déficit courant s’est élargi pour atteindre 1,1 % du produit intérieur brut (PIB), contre un déficit révisé de 0,6 % du PIB au cours des trois premiers mois de l’année.
En valeur absolue, le déficit s’élève à 82,8 milliards de rands, soit environ 4,72 milliards de dollars, contre 47,8 milliards de rands au premier trimestre. Cette aggravation du solde courant reflète principalement la diminution de l’excédent commercial, qui s’est contracté à 177,1 milliards de rands sur la période avril-juin, après avoir atteint 211,0 milliards de rands (11,92 milliards de dollars américains) entre janvier et mars.
La banque centrale explique cette évolution par une baisse plus marquée des exportations de biens comparée à celle des importations. Ce recul des exportations intervient dans un contexte de demande mondiale affaiblie et de prix moins favorables pour certaines matières premières clés, comme les métaux précieux, dont dépend fortement l’économie sud-africaine.
Ce creusement du déficit courant intervient alors que l’économie sud-africaine continue de faire face à de multiples défis dont la croissance modérée, l’instabilité du réseau électrique (load-shedding), les faibles niveaux d’investissement privé, et les incertitudes sur les marchés financiers internationaux. Le déficit courant est un indicateur clé de la vulnérabilité extérieure du pays, particulièrement sensible aux mouvements de capitaux et aux fluctuations du rand.
Pour les analystes interrogés par Reuters, « cette détérioration pourrait accentuer la pression sur la monnaie nationale ». Et compliquer davantage la tâche de la SARB, qui doit jongler entre maîtrise de l’inflation, soutien à la croissance, et stabilité externe.




