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ZLECAf : les règles d’origine buttent sur l’automobile et le textile

Addis-Abeba, septembre 2025 – La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) vise à finaliser les règles d’origine dès octobre 2025 pour atteindre 97 % de libéralisation tarifaire et ouvrir la voie à une intégration accrue des marchés africains. Mais les discussions restent bloquées sur deux secteurs stratégiques : le textile et l’automobile. Ces blocages traduisent…

L’ancien président du Niger, S.E.M. Mahamadou Issoufou, champion de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), lors de la 35ᵉ session de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine, tenue le 6 février 2022 à Addis-Abeba (Éthiopie).

L’ancien président du Niger, S.E.M. Mahamadou Issoufou, champion de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), lors de la 35ᵉ session de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine, tenue le 6 février 2022 à Addis-Abeba (Éthiopie).

Addis-Abeba, septembre 2025 – La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) vise à finaliser les règles d’origine dès octobre 2025 pour atteindre 97 % de libéralisation tarifaire et ouvrir la voie à une intégration accrue des marchés africains. Mais les discussions restent bloquées sur deux secteurs stratégiques : le textile et l’automobile.

Ces blocages traduisent des divergences structurelles. Dans le textile, les pays producteurs de coton d’Afrique de l’Ouest défendent leurs positions face aux nations disposant d’industries de transformation et d’exportation (Égypte, Éthiopie, Maroc). Dans l’automobile, la fracture oppose les pays dotés d’une industrie émergente (Maroc, Afrique du Sud, Rwanda) à ceux qui redoutent une concurrence frontale sur des marchés encore fragiles.

Pour autant, selon le rapport d’étape présenté en juin dernier par Mahamadou Issoufou, ancien président du Niger et champion désigné de la ZLECAf, les avancées sont réelles. À ce jour, 48 pays sur 54 ont ratifié l’accord, 49 listes de concessions tarifaires ont été soumises dont 48 validées, et le commerce guidé s’est élargi à 39 pays, permettant la délivrance de 2 850 certificats d’origine. Côté services, 24 listes d’engagements spécifiques ont été adoptées dans cinq secteurs prioritaires : finance, transport, communication, tourisme et business services.

Mais les défis demeurent. Seuls 19 pays ont transposé la ZLECAf dans leurs législations nationales. Cinq pays (Libye, Soudan, Érythrée, Somalie, Djibouti ) restent en dehors du processus. Le Secrétariat souffre d’un manque chronique de moyens : les 2,9 millions de dollars prévus au budget 2021 n’ont jamais été débloqués. Plus largement, la dépendance des États aux droits de douane, qui représentent encore entre 20 et 40 % de leurs recettes fiscales, freine la libéralisation.

À cela s’ajoutent les barrières non tarifaires – licences opaques, normes contradictoires, lourdeurs administratives – et des besoins colossaux en infrastructures. Selon la Banque africaine de développement (BAD), le continent doit mobiliser chaque année 130 milliards de dollars pour combler son déficit en transport, énergie et connectivité. Sans investissements massifs ni stabilité dans des zones sensibles comme le Sahel, la RDC ou la Corne de l’Afrique, la ZLECAf ne pourra tenir ses promesses.

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