Abidjan, 3 septembre 2025 – La Côte d’Ivoire a franchi une étape majeure dans le financement durable en mobilisant 433 millions d’euros (507 millions de dollars) à travers un prêt en devises étrangères indexé sur des critères de durabilité, une première du genre sur le continent. Soutenue par des garanties de la Banque mondiale, cette opération illustre l’orientation croissante vers des investissements responsables et résilients. Elle marque une évolution des stratégies de financement souverain africain, alors que la transition énergétique et l’adaptation aux chocs climatiques deviennent prioritaires.
Dans le montage financier de l’opération, Standard Chartered est intervenu en tant que prêteur unique et arrangeur principal mandaté, tandis que le gouvernement ivoirien a bénéficié de l’appui de Rothschild & Co en qualité de conseiller financier. La structure de garantie repose sur deux volets assurés par le Groupe de la Banque mondiale : la BIRD (Banque internationale pour la reconstruction et le développement) pour la première perte, et la MIGA (Agence multilatérale de garantie des investissements) pour la seconde.
Si le Bénin a été pionnier en Afrique sur le marché des obligations de durabilité, avec une première émission de 500 millions d’euros en 2021 suivie d’une seconde en 2022, la Côte d’Ivoire innove en recourant à un prêt indexé sur la durabilité (sustainability-linked loan). Contrairement aux obligations, ce type de financement conditionne ses modalités, notamment le taux d’intérêt, à la réalisation d’objectifs précis en matière de durabilité.
Cette distinction place Abidjan en tête d’une nouvelle catégorie d’instruments financiers durables, ouvrant la voie à d’autres pays africains désireux d’explorer des solutions innovantes pour diversifier leurs sources de capitaux et soutenir leur croissance économique.
