L’inflation au Kenya a connu une accélération en août 2025, atteignant 7,8% sur un an, contre 6,1% en juillet 2025, selon les données du Kenya National Bureau of Statistics (KNBS). Cette hausse est largement attribuée à l’augmentation des prix des denrées alimentaires et des coûts de transport. Cette pression inflationniste s’accompagne de défis croissants pour l’économie kenyane, alors que le pays tente de maintenir sa trajectoire de croissance.
La hausse des prix alimentaires a représenté 60% de l’augmentation globale de l’inflation, d’après la même source. Parmi les produits les plus touchés, le maïs, aliment de base essentiel, a vu ses prix augmenter de 14,5% par rapport à l’année précédente, tandis que les légumes frais ont connu une hausse de 9,2% selon le KNBS. Cette flambée des prix alimentaires est en grande partie due aux effets prolongés de la sécheresse dans certaines régions agricoles clés du pays, conjuguée à une faible production locale.
Le Rapport sur la production agricole 2025 du ministère de l’Agriculture renseigne que la production céréalière a diminué de 20% cette année, tandis que les prix d’importation des denrées alimentaires ont été exacerbés par l’augmentation des coûts logistiques, notamment le transport.
Par ailleurs, l’augmentation des prix des carburants qui ont grimpé de 4,3% pour l’essence et 5,6% pour le diesel en août, a directement impacté les coûts de transport au Kenya. Selon le Kenya Energy Regulatory Commission (ERC), cette hausse a entraîné une augmentation des tarifs de transport public de 7,5% en moyenne. Le secteur du fret, en particulier pour le transport de biens essentiels, a vu une augmentation des coûts de 8,2%.
A cela s’ajoute le fait que les coûts de transport élevés affectent non seulement les ménages urbains qui dépendent largement des transports publics, mais aussi les entreprises qui doivent faire face à une augmentation des coûts logistiques. Selon une étude menée par Economic Survey 2025 de la Banque centrale du Kenya, près de 50% des petites et moyennes entreprises (PME) ont rapporté une pression accrue sur leurs marges bénéficiaires en raison de l’augmentation des coûts de transport.
Pour sa part, la Central Bank of Kenya (CBK) a estimé que l’impact de cette hausse des taux pourrait modérer la consommation privée et ralentir la croissance économique, tout en cherchant à éviter une spirale inflationniste plus importante. Cependant, selon des analystes de Fitch Solutions contactés par Reuters, la politique monétaire stricte pourrait également peser sur la dynamique de croissance, déjà freinée par des incertitudes externes et un climat d’affaires difficile.




