La Banque de Financement des Petites et Moyennes Entreprises (BFPME) a publié ses états financiers pour l’exercice 2024, révélant une situation toujours préoccupante malgré une réduction partielle des pertes. Les engagements totaux s’élèvent à 437,9 millions de dinars tunisiens (131,4 millions d’euros) contre 435,6 millions de dinars (environ 130,7 millions d’euros) en 2023, enregistrant ainsi une légère baisse de 0,54%.
La banque affiche une perte nette de 13 millions de dinars (environ 3,9 millions d’euros) en 2024, contre 16,1 millions de dinars (environ 4,8 millions d’euros) en 2023. Cette légère amélioration masque toutefois des défis structurels persistants. Le produit net bancaire a reculé de 12,7% pour s’établir à 5,6 millions de dinars (environ 1,7 million d’euros), principalement en raison de la hausse des charges d’exploitation bancaires qui sont passées de 3,3 millions de dinars (environ 1 million d’euros) à 4,8 millions de dinars (environ 1,4 million d’euros). Cette augmentation est largement attribuable aux intérêts sur l’emprunt Trésor TGT.
Évolution des charges et des risques
Le coût du risque a nettement diminué pour s’établir à 2,2 millions de dinars (environ 660 000 euros) contre 4,2 millions de dinars (environ 1,3 million d’euros) en 2023. Parallèlement, les charges générales d’exploitation ont légèrement reculé, passant de 3,4 millions de dinars (environ 1 million d’euros) à 3,1 millions de dinars (environ 930 000 euros). Cependant, les charges de personnel ont continué leur progression, augmentant de 12,6 millions de dinars (environ 3,8 millions d’euros) à 13,4 millions de dinars (environ 4,0 millions d’euros), ce qui représente une part importante des dépenses totales.
Ces résultats s’inscrivent dans une période de turbulences pour la BFPME, déjà mise en lumière par les commissaires aux comptes en 2024. Ceux-ci avaient alerté sur des pertes cumulées atteignant 126,7 millions de dinars (environ 38,0 millions d’euros) fin 2023 et des faiblesses critiques dans le contrôle interne, la gestion des risques et le système informatique. Malgré une recapitalisation partielle en 2024, la banque reste confrontée à des défis de solvabilité et de viabilité.
La BFPME, créée en 2005 pour soutenir les PME tunisiennes, joue un rôle clé dans l’économie nationale. Cependant, sa survie est menacée par des difficultés financières récurrentes et des lacunes opérationnelles. Les récentes mesures gouvernementales pourraient offrir une bouée de sauvetage. Pour 2025, la banque devra impérativement maîtriser ses charges, particulièrement les dépenses de personnel, tout en optimisant sa gestion des risques et en modernisant ses systèmes informatiques. De plus, elle devra capitaliser sur les fonds publics alloués aux PME innovantes et aux secteurs prioritaires.
La légère amélioration des pertes en 2024 est un signe encourageant, mais elle ne suffit pas à garantir la pérennité de la BFPME. Des réformes structurelles profondes et un soutien accru des actionnaires publics seront indispensables pour permettre à l’institution de remplir sa mission de soutien aux PME tunisiennes.
