La Banque centrale d’Égypte (BCE) a annoncé, ce jeudi 28 août, une baisse significative de ses taux directeurs, réduisant ses taux de 200 points de base. Cette baisse fait partie d’un cycle de détente monétaire en cours, visant à soutenir l’économie alors que l’inflation ralentit et que la croissance se renforce.
Avec cette décision, le taux de dépôt a été fixé à 22%, tandis que le taux de prêt a atteint 23%. La BCE marque ainsi un tournant en réaffirmant son soutien à la croissance économique, malgré des pressions inflationnistes résiduelles. Les économistes interrogés par Reuters tablaient initialement sur une réduction plus modeste de 100 points de base.
L’on rappelle que l’économie égyptienne a enregistré une croissance de 5,4% au deuxième trimestre 2025, dépassant la croissance de 4,8% observée au premier trimestre. Cette accélération est attribuée principalement à la reprise du secteur touristique et à l’essor de l’industrie manufacturière. Le Comité de politique monétaire de la Banque centrale a souligné dans son communiqué que cette dynamique était en ligne avec les perspectives économiques du pays.
Par ailleurs, l’inflation a ralenti pour s’établir à 13,9% en juillet, après avoir enregistré 14,9% en juin, selon l’agence nationale CAPMAS. Cette tendance baissière intervient après un pic à 38% en septembre 2023. La BCE anticipe une poursuite de la décrue de l’inflation dans les mois à venir, offrant ainsi une marge de manœuvre pour d’autres ajustements de politique monétaire.
Il faut préciser que cette décision intervient après deux précédentes réductions des taux, en avril (-225 points de base) et en mai (-100 points de base), après une année de stabilité. En mars 2024, la BCE avait procédé à une hausse de 600 points de base, en réponse à une dévaluation importante de la livre égyptienne face au dollar. Depuis juillet, la banque a adopté une position plus attentiste, en attendant de nouvelles évolutions de l’inflation.
Le gouvernement égyptien poursuit ainsi ses réformes économiques avec l’objectif de maintenir une inflation sous contrôle tout en attirant de nouveaux flux d’investissements étrangers, notamment en provenance des pays du Golfe. Ce soutien international fait suite à une grave pénurie de devises étrangères qui a plongé l’économie dans une crise de liquidité, obligeant l’Égypte à contracter un prêt de 8 milliards de dollars auprès du FMI.




