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Sénégal : Khady Diop, de la couture au volant, une pionnière parmi les femmes chauffeurs de VTC

À Dakar, dans le flot incessant de voitures qui encombrent les grandes artères, une silhouette se distingue. Au volant de son véhicule, Khady Diop, 33 ans, enchaîne les courses avec assurance. Mère de deux garçons, cette ancienne couturière a choisi de troquer aiguilles et tissus contre un volant, entrant ainsi dans un métier où les…

Si être une femme au volant d’un VTC reste encore une curiosité à Dakar, Khady assume ce rôle de pionnière.

À Dakar, dans le flot incessant de voitures qui encombrent les grandes artères, une silhouette se distingue. Au volant de son véhicule, Khady Diop, 33 ans, enchaîne les courses avec assurance. Mère de deux garçons, cette ancienne couturière a choisi de troquer aiguilles et tissus contre un volant, entrant ainsi dans un métier où les femmes sont encore l’exception : celui de chauffeur de VTC.

« Pour moi, c’est un travail comme un autre. Mais surtout, c’est une passion. J’aime conduire, j’aime être libre et mobile », confie-t-elle, le regard franc, entre deux courses dans la capitale.

Chaque jour, de 9h à 18h, parfois même le dimanche matin, Khady sillonne Dakar. La voiture qu’elle conduit, elle ne l’a pas encore achetée : elle la loue à une compagnie, à qui elle verse 5.000 F CFA (environ 9 USD) quotidiennement, sans compter les frais de carburant. Une fois la journée terminée, son bénéfice oscille entre 5 et 10 mille, confie-t-elle, de quoi assurer l’essentiel pour ses enfants.

Un métier masculin, un défi féminin

Dans ce secteur largement dominé par les hommes, Khady a dû s’imposer. « On me demande souvent si ce n’est pas trop dur pour une femme. Mais si vous aimez ce que vous faites, vous vous adaptez », affirme-t-elle avec un sourire serein. Son ambition est claire : acquérir sa propre voiture pour gagner en autonomie et, à long terme, bâtir une petite flotte. « J’aimerais donner du travail à d’autres chauffeurs, surtout à des femmes », dit-elle, consciente de son rôle de modèle.

Pour Khady, chaque course dépasse le simple trajet d’un point A à un point B. Elle y voit un moment d’échange. « Être chauffeur, c’est aussi savoir écouter, être attentif, offrir un service. J’aime quand je sens que j’ai apporté quelque chose de positif à mes clients », raconte-t-elle. Ce contact humain, elle le cultive, malgré les regards parfois sceptiques ou condescendants.

Une pionnière en mouvement

Si être une femme au volant d’un VTC reste encore une curiosité à Dakar, Khady assume ce rôle de pionnière. « Ma sécurité, c’est ma confiance en moi. Les femmes ont leur place dans ce métier. On nous a trop stigmatisées. Moi, je veux montrer à mes enfants et aux jeunes filles qu’on peut tout faire, au même titre que les hommes. »

Khady Diop n’est pas seulement une conductrice : elle trace sa voie dans un combat plus large, celui de la mixité et de l’égalité des chances. Sa détermination illustre l’aspiration d’une nouvelle génération de femmes à s’affranchir des carcans sociaux.

« Mélanger les genres, c’est magnifique », glisse-t-elle en riant, convaincue que sa place derrière le volant est aussi une manière d’ouvrir la route à d’autres.

Sur les avenues de Dakar, entre embouteillages et coups de klaxon, Khady Diop ne se contente pas de transporter des passagers. Elle transporte aussi un message : celui qu’aucune barrière, ni sociale ni culturelle, ne peut freiner la volonté d’une femme décidée à tracer sa propre route.

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