L’agence japonaise de notation Rating and Investment Information (R&I) a révisé la perspective de la dette souveraine tunisienne de « négative » à « stable », tout en maintenant sa notation à B-. Une reconnaissance des progrès accomplis par le pays en matière de stabilisation macroéconomique, selon les autorités tunisiennes.
Plusieurs facteurs clés ont conduit à cette décision avec notamment la réduction du déficit courant ramené à 1,7% du PIB en 2024 contre 2,8% en 2023, accompagnée d’une accumulation des réserves de change qui atteignent désormais 150 jours d’importations. L’assainissement budgétaire constitue un autre élément important avec un déficit public passé à 6,0% du PIB en 2024 contre 7,2% en 2023, tandis que la stabilité politique s’est consolidée après les élections présidentielles de 2024.
L’économie tunisienne affiche une reprise avec une croissance de 1,4% en 2024, tirée principalement par le rebond du secteur agricole après plusieurs années de sécheresse, la forte reprise du tourisme avec des recettes record et l’augmentation continue des transferts des tunisiens résidant à l’étranger.
Défis et recommandations
Malgré ces améliorations, R&I souligne plusieurs points de vigilance concernant la nécessité de poursuivre les réformes structurelles, la vulnérabilité aux chocs externes particulièrement en Europe, le poids élevé de la masse salariale publique représentant 15% du PIB et l’importance des subventions énergétiques et alimentaires.
L’agence anticipe une croissance comprise entre 1% et 2% en 2025, un déficit public ramené à 5,5% du PIB en 2025, une dette publique stabilisée autour de 79% du PIB et un déficit courant contenu entre 2% et 3% du PIB.
Cette révision témoigne de la crédibilité retrouvée de la Tunisie sur les marchés internationaux. Elle devrait faciliter l’accès du pays au financement international et réduire le coût de sa dette souveraine. Cependant, la prudence reste de mise tant que les réformes structurelles ne sont pas complètement achevées.
