A l’issue de sa réunion de politique monétaire tenue ce jeudi 21 août, la Banque centrale du Botswana a décidé de maintenir son taux directeur à 1,90%. C’est ainsi la sixième réunion consécutive au terme de laquelle aucun changement n’est opéré de ce point de vue.
Cette décision, à en croire les autorités botswanaises, reflète une « approche prudente face à une inflation sous contrôle mais toujours exposée à des risques externes ». L’inflation annuelle s’est établie, en juillet 2025, à 1,1 %. Soit une baisse par rapport à 2,0 % en juin, et bien en dessous de la cible officielle située entre 3 % et 6 %.
Au titre de l’année, la banque centrale a annoncé une révision à la hausse ses prévisions d’inflation, projetant un taux moyen de 3,5 % pour 2025 et de 5,9 % pour 2026, contre 2,7 % et 4,6 % respectivement dans ses prévisions de juin.
Par ailleurs, les autorités monétaires botswanaises ont annoncé un ajustement de la trajectoire de la monnaie nationale. C’est ainsi que la Pula, monnaie locale, sera autorisée à se déprécier de 2,76 % sur les douze prochains mois, contre 1,51 % auparavant. Par cette décision, l’objectif est de « renforcer la compétitivité extérieure, soutenir les réserves de change et atténuer les effets de chocs exogènes ».
Une nouvelle évaluation de la politique de change est prévue d’ici la fin de l’année 2025.
De sombres prévisions
Dans un rapport publié en mars dernier, S&P Global Ratings a révisé les perspectives économiques du Botswana de stables à négatives, reflétant des pressions externes et fiscales persistantes. Néanmoins, les notations du pays restent affirmées à ‘BBB+/A-2’ pour le crédit souverain à long terme et à court terme.
Le principal moteur derrière cette perspective révisée est la demande mondiale modérée et la baisse des prix des diamants, un secteur qui soutient de manière significative les revenus fiscaux et les exportations du Botswana. Sans interventions fiscales significatives du gouvernement ou une reprise des prix et des volumes de vente de diamants, il est prévu que les efforts de consolidation fiscale du Botswana rencontreront des défis continus. « D’ici 2028, on s’attend à ce que la dette gouvernementale, nette des actifs liquides, augmente considérablement pour atteindre 19 % du PIB, contre seulement 3 % en 2024 », estime S&P.
Parallèlement, les notations pour la Banque centrale du Botswana ont également été révisées sous l’hypothèse que les fortunes du régulateur sont étroitement liées à celles de l’État souverain.




