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UMOA : la Commission Bancaire frappe fort avec 14 blâmes…

À fin décembre 2024, la Commission Bancaire de l’UMOA supervisait un total de 478 entités, dont 160 établissements de crédit, 18 compagnies financières, 286 systèmes financiers décentralisés (SFD) de grande taille et 14 établissements de monnaie électronique (EME). Trente-trois établissements bancaires d’importance systémique (EBIS) figuraient dans ce paysage. Durant l’année, l’organe de supervision a multiplié…

À fin décembre 2024, la Commission Bancaire de l’UMOA supervisait un total de 478 entités, dont 160 établissements de crédit, 18 compagnies financières, 286 systèmes financiers décentralisés (SFD) de grande taille et 14 établissements de monnaie électronique (EME). Trente-trois établissements bancaires d’importance systémique (EBIS) figuraient dans ce paysage.

Durant l’année, l’organe de supervision a multiplié les interventions : vingt injonctions, une mise en garde, quatorze blâmes, six avertissements, un retrait d’agrément et une interdiction de gestion de dix ans. À ces mesures s’ajoutent des sanctions pécuniaires pouvant atteindre 300 millions de FCFA, ainsi que la mise sous surveillance rapprochée de cinq banques et l’interdiction de dividendes pour trois établissements de crédit et un SFD.

Sur le plan de la prévention, six plans de redressement d’EBIS et trois plans de résolution ont été adoptés. Côté contrôle, 83 missions de vérification ont été menées, dépassant l’objectif fixé, tandis que les notations des établissements de crédit et des SFD ont été mises à jour ou réalisées pour la première fois.

L’activité de supervision s’est également inscrite dans une dimension transfrontalière, avec la tenue des 10èmes Collèges de Superviseurs d’Oragroup et d’Ecobank, ainsi que la participation à six réunions de groupes bancaires étrangers implantés dans l’Union.

Dans un environnement marqué par une croissance de 6,3% et une inflation ramenée de 3,7% à 3,5%, le secteur bancaire a affiché des fondamentaux solides : total de bilan en hausse de 9,3% à 72 068,3 milliards, crédits en progression de 5,6% à 36 888,3 milliards, ressources en croissance de 8% et résultat net bondissant de 11,7% à 1 105,3 milliards. La solvabilité s’est consolidée, avec un ratio moyen de 14,7%, au-dessus de la norme de 11,5%.

Le secteur de la microfinance a poursuivi sa croissance (+12,1% de total de bilan), mais avec une dégradation de la qualité du portefeuille (6,6% contre 4,4% en 2023) et un recul du résultat net à 16,7 milliards. Du côté des établissements de monnaie électronique, les comptes ouverts atteignent 173,1 millions, dont un tiers actifs, pour un volume de transactions de 126 680 milliards (+23,6%). Toutefois, la rentabilité reste négative, avec un déficit net de 17,3 milliards.

En 2024, la Commission Bancaire de l’UMOA a donc confirmé son rôle de gendarme vigilant, oscillant entre sanctions exemplaires et accompagnement préventif, dans un secteur en expansion mais non exempt de fragilités structurelles.

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