L’Egypte a enregistré un excédent primaire historique de 629 milliards EGP (12,6 milliards USD), soit 3,6 % du PIB, en progression de 80 % par rapport à l’exercice 2023/2024, qui s’était établi à 350 milliards EGP (7 milliards USD). C’est ce qui ressort d’un communiqué publié le16 août 2025 par la présidence qui a également annoncé la tenue d’une réunion entre le président Abdel Fattah Al-Sissi, son Premier ministre Mostafa Madbouly, et le ministre des Finances, Ahmed Kajouk, pour examiner les indicateurs budgétaires préliminaires de l’exercice 2024/2025.
Cette performance a été réalisée malgré la forte baisse des revenus du Canal de Suez, dont les recettes ont chuté de 60 % par rapport aux prévisions, entraînant un manque à gagner estimé à 145 milliards EGP (2,9 milliards USD).
Une hausse des recettes fiscales sans nouvelles charges
Le ministre des Finances a indiqué que cette amélioration des comptes publics s’accompagnait d’une progression des investissements privés, du dynamisme du secteur manufacturier et d’une hausse des exportations. Les recettes fiscales ont bondi de 35 %, atteignant 2 204 milliards EGP (44,1 milliards USD). Cette évolution résulte de l’élargissement de l’assiette fiscale, du recours accru aux solutions numériques et d’incitations destinées à renforcer la conformité volontaire des contribuables.
Par ailleurs, la première phase du programme d’allègements fiscaux (février – août 2025) a permis de mobiliser 77,9 milliards EGP (1,56 milliard USD), grâce à 401 929 règlements de litiges fiscaux et plus de 650 000 déclarations fiscales volontaires.
Priorité aux dépenses sociales et à la discipline budgétaire
S’agissant des programmes sociaux, l’État a pris en charge les cotisations des bénéficiaires les plus vulnérables au système d’assurance maladie universelle pour un montant de 2,3 milliards EGP (46 millions USD). Dans le secteur éducatif, 160 000 enseignants ont été recrutés pour un coût de 4 milliards EGP (80 millions USD), tandis que 6,25 milliards EGP (125 millions USD) ont été consacrés aux cantines scolaires et aux repas complets pour les élèves, contribuant à la lutte contre la malnutrition.
Le Président Al-Sissi a réaffirmé la nécessité de maintenir une discipline budgétaire stricte et de consolider les partenariats entre l’État et le secteur privé. Il a rappelé que la réduction du fardeau de la dette et le financement des programmes sociaux tels que Takaful et Karama, ainsi que des secteurs prioritaires comme la santé et l’éducation, demeuraient au cœur de la stratégie gouvernementale, avec pour objectif d’atténuer les pressions sur les ménages et de promouvoir une plus grande justice sociale.
