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Petits volumes, grandes illusions : les Bourses africaines en quête de profondeur

La semaine boursière africaine du 11 au 17 août aura offert l’image d’un continent à deux vitesses : d’un côté, des envolées spectaculaires au Rwanda (+13,2 %), au Malawi (+5,7 %) et en Tanzanie (+4,0 %) ; de l’autre, la torpeur des grandes places, Nigeria (+0,07 %), Égypte (-0,41 %) ou Maroc (-0,50 %), qui…

La semaine boursière africaine du 11 au 17 août  aura offert l’image d’un continent à deux vitesses : d’un côté, des envolées spectaculaires au Rwanda (+13,2 %), au Malawi (+5,7 %) et en Tanzanie (+4,0 %) ; de l’autre, la torpeur des grandes places, Nigeria (+0,07 %), Égypte (-0,41 %) ou Maroc (-0,50 %), qui s’enfoncent dans une consolidation sans relief.

À Abidjan, la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) a sauvé les apparences, avec un Composite en hausse de +0,98 % à 314,77 points, un BRVM 30 à +1,28 % et un Prestige à +1,44 %. Mais derrière l’embellie des indices, la réalité est moins flatteuse : 3,25 millions de titres échangés seulement (-21,84 %) pour une valeur de 4,08 milliards FCFA (-13,05 %). En nombre d’actions échangé, l’essentiel du flux s’est concentré sur Ecobank Transnational Incorporated (ETI), qui a absorbé près de 80 % des volumes, tandis que Sonatel raflait 37 % de la valeur totale. Un marché réduit à deux locomotives, et dont la profondeur reste désespérément insuffisante.

Dans ce décor boursier panafricain , les “échappés” solitaires attirent l’attention mais posent question. Le Rwanda s’offre une ascension vertigineuse grâce à un KCB Group en orbite (+52,4 %), sans lien évident avec la réalité économique d’un marché aussi étroit. Le Malawi, déjà à +160 % depuis janvier, continue de flotter dans une bulle alimentée par des banques locales qui défient la logique macroéconomique. 

Quant à la Tanzanie, elle brille grâce à ses mid-tier banks (Mkombozi +37 %, DCB +32 %, CRDB +19,6 %), mais cette fièvre spéculative ressemble davantage à un feu de paille qu’à une tendance de fond.

En somme, une Afrique boursière où l’on célèbre des mirages périphériques tandis que les grandes capitalisations végètent. 

Les investisseurs, eux, votent par les volumes : le reflux généralisé de la liquidité traduit une désaffection latente, plus qu’un engouement durable. Entre euphorie locale et stagnation systémique, la vraie question est posée : ces flambées sont-elles le signe d’une vitalité retrouvée ou le simple sursaut d’un continent encore en quête de profondeur financière ?

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