L’encours du crédit bancaire au Maroc a enregistré une hausse de 5,8% à fin juin 2025 comparé à la même période de l’année 2024, selon les données de Bank Al-Maghrib (BAM), la Banque Centrale Marocaine basée à Rabat.
Cet encours s’est établi à 1 175,5 milliards de dirhams (129,305 milliards de dollars) contre 1 110,5 milliards de dirhams (122,155 milliards de dollars) à fin juin 2024.
Les concours aux entreprises non financières privées ont marqué une progression annuelle de 3,5%. « Cette évolution résulte essentiellement de la hausse de 12% des crédits à l’équipement et de 5,4% des prêts à la promotion immobilière », note l’institut d’émission dans son Tableau de bord crédits-dépôts bancaires. En revanche, les facilités de trésorerie ont enregistré un repli de 2,3%.
Selon l’enquête de BAM sur les conditions d’octroi de crédit au titre du premier trimestre 2025, les critères d’octroi auraient été durcis pour les crédits de trésorerie et ceux à la promotion immobilière et maintenu inchangés pour les prêts à l’équipement.
Par taille d’entreprise, ils auraient été assouplis pour les grandes entreprises (GE ayant un chiffre d’affaires supérieur à 175 millions de dirhams) et durcis pour les Très Petites et Moyennes Entreprises (TPME ayant un chiffre d’affaires égal ou inférieur à 175 millions de dirhams).
Concernant la demande, les banques déclarent une hausse pour tous les objets de crédit. Par taille d’entreprise, elle aurait augmenté pour les GE et stagné pour les TPME.
L’enquête de conjoncture de BAM indique par ailleurs que l’accès au financement bancaire, au deuxième trimestre 2025, a été jugé « normal » par 80% des industriels et « difficile » par 16% d’entre eux. En outre, le coût du crédit aurait été en stagnation selon 74% des entreprises et en hausse selon 19%.
Au deuxième trimestre 2025, les taux appliqués aux nouveaux crédits se sont repliés, d’un trimestre à l’autre, de 26 points de base (pb) à 4,91%. Ils se sont établis à 4,67% pour les GE et à 5,43% pour les TPME.
Quant au financement participatif destiné à l’habitat, sous forme notamment de Mourabaha immobilière (formule de vente au prix de revient majorée d’une marge bénéficiaire), a poursuivi sa progression et s’est établi à 27 millions de dirhams après 23,1 millions de dirhams une année auparavant.
Au premier trimestre 2025, les banques marocaines indiquent des critères d’octroi assouplis aussi bien pour les prêts à l’habitat que pour ceux à la consommation. Pour la demande, elle aurait augmenté pour les crédits à l’habitat et baissé pour ceux à la consommation. Concernant les taux appliqués aux nouveaux crédits, ils ressortent, au deuxième trimestre 2025, globalement en baisse à 5,77% par rapport au trimestre précédent, recouvrant des diminutions de 25 pb à 6,88% pour les crédits à la consommation et de 6 pb à 4,68% pour les prêts à l’habitat.
Pour ce qui est des dépôts auprès des banques, ils se sont établis à fin juin 2025 à 1 309 milliards de dirhams, en hausse annuelle de 9,6%. Selon BAM, les dépôts des ménages ont enregistré, d’une année à l’autre, une hausse de 6,6% pour s’établir à 946,1 millions de dirhams dont 213,2 millions détenus par les Marocains résident à l’étranger (MRE). Pour les entreprises non financières privées, leurs dépôts ont atteint 232,9 millions de dirhams, soit une progression annuelle de 14,5%.
Le taux de rémunération des dépôts à terme à 12 mois a marqué une hausse de 26 points de base passant de 2,70% en mai à 2,96% en juin, tandis que le taux de ceux à 6 mois a accusé un repli de 9 points de base revenant de 2,36% à 2,26%. Le taux minimum de rémunération des comptes d’épargne a été fixé à 1,91% pour le deuxième semestre 2025, soit une baisse de 30 points de base par rapport au semestre précédent.
