Un souffle d’espoir pour l’énergie en République démocratique du Congo. La société américaine Symbion Power LLC, basée à New York, a annoncé, samedi 9 août, son intention d’investir 700 millions de dollars américains pour convertir le gaz méthane du lac Kivu en électricité du côté congolais. L’information a été rapportée par l’agence économique Bloomberg à l’issue d’un entretien avec Paul Hinks, directeur général de Symbion.
Selon l’entreprise, ce projet ambitieux s’inscrit dans le cadre d’un accord d’intégration économique récemment signé entre la RDC et le Rwanda, et soutenu par les États-Unis. Symbion prévoit de construire une centrale électrique au gaz de 140 mégawatts, accompagnée de lignes de transmission le long de la frontière entre les deux pays. La réalisation de ce projet reste toutefois conditionnée à la mise en œuvre effective de l’accord de paix et à l’amélioration de la sécurité dans la région.
« Le développement nécessiterait le retrait des groupes armés actifs dans le Nord-Kivu et l’Ituri, ainsi qu’un environnement sécurisé », a précisé Paul Hinks à Bloomberg.
Une vision énergétique régionale
Symbion Power ne se limite pas au seul projet du lac Kivu. La société envisage également une ligne électrique de 1,5 milliard USD reliant l’Angola à la ceinture minière de cuivre et de cobalt du Congo via sa filiale Hydro-Link. Parallèlement, plusieurs petits projets hydroélectriques sont en préparation à travers son unité MyHydro.
La société n’en est pas à sa première expérience sur le lac Kivu. Elle a déjà développé deux centrales à gaz du côté rwandais, revendues en 2019. Pour le projet congolais, la construction de l’usine et des lignes électriques devrait prendre environ 30 mois.
Un financement en perspective
Pour mener à bien ces chantiers, Symbion envisage de solliciter un soutien financier auprès de la Société américaine de financement du développement international et de la Banque d’import-export des États-Unis.
Le projet, s’il se concrétise, pourrait transformer la ville de Goma – actuellement en grande partie sous contrôle des rebelles du M23 – en l’un des principaux bénéficiaires de cette production électrique, renforçant ainsi la sécurité énergétique et le développement économique de l’Est congolais.




