Le Nigeria maintient son opposition à l’accueil de personnes expulsées des États-Unis, a affirmé Kimiebi Ebienfa, porte-parole du ministère nigérian des Affaires étrangères. Il a souligné que le pays, déjà confronté à de lourds défis socio-économiques, ne pouvait assumer un « fardeau supplémentaire ».
Dans un entretien accordé le 9 août au journal Saturday Punch, M. Ebienfa a insisté qu’aucune pression américaine ne persuaderait Abuja d’accepter certains étrangers expulsés, notamment ceux sortant directement de prison. « Même si d’autres pays africains le font, le Nigeria ne les acceptera pas », a-t-il déclaré.
Cette position tranche avec celle du Rwanda, de l’Eswatini ou du Soudan du Sud, qui ont récemment accepté d’accueillir des ressortissants expulsés par Washington. Le ministre des Affaires étrangères, Yusuf Tuggar, a dénoncé les pressions exercées pour que le Nigeria accepte ces personnes, en particulier des Vénézuéliens ayant purgé des peines de prison, qualifiant cette politique d’« inacceptable ».
Le mois dernier, M. Tuggar rappelait déjà qu’avec plus de 200 millions d’habitants, le Nigeria ne pouvait accueillir des expulsés étrangers, surtout s’ils sont soupçonnés d’activités criminelles. Selon lui, céder sur ce dossier compliquerait encore les relations avec Washington et créerait un précédent dangereux pour les expulsions futures.
