Après avoir flirté avec les cieux, franchissant la barre mythique des 12 000 milliards FCFA de capitalisation, la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) subit un retour de bâton. Sur la semaine du 4 au 10 août, l’on note un capotage brutal vers le plancher des 10 000 milliards. La correction est orchestrée par une défiance ciblée sur les poids lourds financiers et les utilities.
Les indices vedettes s’érodent : BRVM Composite (-0,44 % à 311,72 points), BRVM 30 (-0,48 %) et BRVM Prestige (-1,05 %). Les investisseurs arbitrent sans état d’âme, lâchant les valeurs financières et accumulant les industrielles.
La liquidité en berne témoigne de l’attentisme. Seulement 4,16 millions de titres échangés (-78,56 %), pour 4,59 milliards FCFA (-47,28 %).
Dans ce désert transactionnel, Sonatel rafle 29 % de la valeur totale des échanges et renfile son sceptre, tandis que SAFCA CI flambe (+31,40 %) et SETAO CI s’écrase (-7,56 %).
Le compartiment obligataire, lui, recule à 10 522,75 milliards FCFA (-0,31 %), avec SOVATEL 6,50 % 2020-2027 en alpha trade (62,12 % des volumes), malgré un plongeon des transactions (-59,90 %).
Sur le primaire souverain, l’appétit revient : 206 milliards FCFA levés (+108,85 %), menés par la Côte d’Ivoire, rendement moyen à 7,10 %, tandis que la Guinée-Bissau décroche la prime avec 9,56 %.
Côté corporate, Ecobank Transnational Incorporated cède sa filiale mozambicaine au profit de FDH Bank Plc(Malawi), recentrant le portefeuille, une information qui n’a pas fait décoller la valeur de cette bancaire en décalage avec son gigantisme géographique. La suspension du titre Unilever CI depuis le 4 août continue d’alimenter les rumeurs du marché. Des informations évoquent des déséquilibres entre les ordres d’achat et de vente. Le titre a progressé de 700% depuis le début de l’année alors que ses derniers états financiers publiés sur le site de la BRVM remontent à l’exercice 2023.
En attendant, des explications de la BRVM ou du gendarme de l’UEMOA (AMF), force est de le dire, la faiblesse des volumes facilite la manipulation des cours. Du reste,
NSIA Banque CI a bouclé, cash en main, sa titrisation multidevise pionnière de 50 milliards FCFA, intégralement avalée par le marché. Une semaine qui rappelle la règle d’or des places de marché : après l’ivresse des sommets, gare à la gueule de bois des corrections.




