L’ancien Premier ministre et opposant tchadien Succès Masra a été condamné, ce 9 août 2025, à 20 ans de prison ferme et à verser un milliard de francs CFA de dommages et intérêts à l’État. Le tribunal l’a reconnu coupable de « diffusion de messages à caractère raciste et xénophobe », d’« association de malfaiteurs » en lien avec le conflit intercommunautaire de Mandakao, ainsi que de complicité de meurtre.
Tout au long de l’audience, le président du parti Les Transformateurs a gardé son calme. Avant d’adresser, à l’énoncé du verdict, quelques accolades à ses avocats et de tourner vers ses proches et militants : « ne vous inquiétez pas. On se retrouve bientôt », a-t-il lancé avec un sourire.
Dans la salle, l’émotion était palpable. Certains avocats ont laissé éclater leur colère, dénonçant une « injustice ». Des militants, en larmes, se disaient « démoralisés » et « découragés ». L’une d’elles confiait que, même si elle redoutait une condamnation, « l’entendre officiellement prononcée reste un choc ». Un autre témoin, choqué, a qualifié le procès de « mascarade ».
Sous escorte armée, Succès Masra a quitté la salle d’audience, tandis que les 74 autres accusés de l’affaire de Mandakao restaient assis au fond, impassibles. Les collectifs de défense ont aussitôt annoncé leur intention de faire appel, estimant que « ce verdict n’est pas digne de la justice tchadienne ».
Cette condamnation marque un nouvel épisode dans les tensions politiques et judiciaires qui secouent le Tchad, à quelques mois d’échéances politiques cruciales.



