Au Nigéria, le président Bola Tinubu a promulgué une vaste réforme du secteur de l’assurance dans le cadre de la loi sur la réforme de l’industrie de l’assurance (NIIRA) 2025, selon une déclaration faite ce mardi 5 août par son porte-parole, Bayo Onanuga.
Il s’agit, en effet, d’une réforme qui consolide une législation vieille de plusieurs décennies. Elle fixe des exigences de capital plus élevées, des mandats de couverture obligatoire et des objectifs de numérisation pour moderniser le secteur.
Dans les détails, la loi – proposée en fin d’année 2024 – relève le niveau de capital minimums des assureurs non-vie à 25 milliards de nairas (16,39 millions USD), celui des assureurs vie à 15 milliards de nairas (9,83 millions USD), et à 45 milliards de nairas (29,49 millions USD) pour les réassureurs. Ces montants représentent une augmentation considérable par rapport aux exigences de 4 millions de dollars, de 2,7 millions de dollars et de 13,3 millions de dollars respectivement fixées jusque-là
« Cette réforme marque le début d’une nouvelle ère pour l’assurance au Nigéria, fondée sur la transparence, l’innovation et la compétitivité à l’échelle mondiale », a souligné Bayo Onanuga, qui est aussi le conseiller spécial du président Tinubu chargé de l’information et de la stratégie.
Un fonds pour « sécuriser les clients »
Par ailleurs, le texte prévoit la création de fonds de protection destinés à sécuriser les clients en cas de défaillance des compagnies d’assurance. Et encourage l’intégration du Nigéria dans les systèmes d’assurance régionaux, notamment via la carte brune de la CEDEAO.
De même, la réforme introduit la digitalisation du secteur pour faciliter l’accès aux services d’assurance, l’achat en ligne de polices et le traitement automatisé des réclamations.
Avec 1,9 milliard de dollars de primes brutes émises à la fin de 2023, le secteur des assurances au Nigéria pénètre faiblement un marché estimé à 232,7 millions de consommateurs en 2024. A moins de 1%, le taux de pénétration se situe bien loin derrière les 13,7% d’Afrique du Sud et les 2,14 % du Kenya, selon les données des autorités de régulation.




