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L’ECO de la CEDEAO lancée dès 2027 : l’option Ouattara retenue ?

C’est le président de la Commission de la CEDEAO qui l’affirme. L’Eco, la monnaie unique de la CEDEAO sera lancée dès 2027. Omar Alieu Touray, reçu par le gambien Adama Barrow, a précisé que l’adoption sera graduelle. « La CEDEAO n’attendra plus que tous les pays remplissent les critères de convergence. L’idée est de lancer la monnaie unique avec…

C’est le président de la Commission de la CEDEAO qui l’affirme. L’Eco, la monnaie unique de la CEDEAO sera lancée dès 2027. Omar Alieu Touray, reçu par le gambien Adama Barrow, a précisé que l’adoption sera graduelle. « La CEDEAO n’attendra plus que tous les pays remplissent les critères de convergence. L’idée est de lancer la monnaie unique avec ceux qui sont prêts », a-t-il affirmé.

Il s’agit d’un revirement important. En 2020, les pays de la zone franc, qui présentait alors les meilleurs ratios macroéconomiques (inflation sous 3 %, déficit budgétaire sous 4 %, dette publique sous 70 % du PIB), et étaient quasiment sur les critères de convergence, avaient proposé de migrer en attendant les pays dits de la ZMAO (Zone Monétaire Ouest Africaine), constitués de la Sierra Leone, du Liberia, du Ghana, de la Guinée, de la Gambie et du Nigeria.

C’est un secret de polichinelle, ces pays qui traînaient des inflations à deux chiffres (par exemple, Guinée : 12 % en 2020, Nigeria : 15,8 % en 2020, Sierra Leone : 13 %), résultat de l’usage immodéré de la planche à billet, accusaient d’importants retards par rapport au pacte de convergence (suspendu en 2021 au plus fort de la pandémie de Covid-19). Mais au lieu de militer pour un accompagnement supranational actif, ces pays ont freiné des quatre, le Nigeria de Bihari critiquantouvertement l’initiative Ouattara.

Dans la désinformation ambiante, certains experts allant même jusqu’à théoriser l’existence de deux Eco : le vrai Eco, en stand-by, et le faux Eco, nouveau nom du FCFA. Cinq ans après un arrêt coûteux, la question de la progression graduelle est de nouveau sur la table. Reste à savoir si le président nigérian actuel, Bola Ahmed Tinubu, aura assez de forces pour convaincre les lobbys de transférer une partie de la fonction régalienne (l’émission monétaire) à un organe supranational.

La dévaluation chronique du Naira, qui a perdu plus de 70 % de sa valeur face au dollar entre 2020 et 2024, milite pour la constitution d’un organe technique gouverné par des critères transparents et capables de résister aux pressions politiques des États membres. Le président de la Commission l’a dit à Banjul : « Les États membres qui accusent du retard ne seront pas exclus pour autant. Ils bénéficieront d’un accompagnement pour atteindre, à terme, les conditions requises ». « Ceux qui ont besoin de plus de temps seront soutenus », a assuré le président de la Commission.

Reste que la donne a considérablement changé depuis 2020. Le CFA s’est réformé. Le compte d’opérations a été clôturé fin 2020, ses fonds rapatriés et confiés à des cadres bien formés qui gèrent les placements avec une discipline de fer. D’un autre côté, il n’y a plus d’administrateurs français dans le conseil d’administration de la BCEAO et dans les organes de décision.

Le Comité de politique monétaire (CPM), l’instance suprême, chargée tous les trimestres de fixer les taux directeurs de la BCEAO sur la base d’objectifs clairs (stabilité des prix) est constitué des fonctionnaires de la BCEAO, ressortissants des États membres, ainsi que des universitaires, pour apporter plus de variétés.

Bref, l’UEMOA serait prête à de nombreuses exceptions près hélas. Ainsi, le Sénégal ayant découvert en 2023 des dettes cachées représentant environ 10 % de son PIB et une dette qui a percé la limite autorisée, pourrait ne pas être dans la première cohorte. Par contre, le Bénin, la Côte d’Ivoire et le Togo devront  inaugurer l’Eco. 

Quant aux trois pays dits de l’AES (Alliance des États du Sahel), ils relèvent de la volonté politique de leurs États membres. Sous pouvoir militaire avec des instances démocratiques suspendues depuis 2021 (Mali), 2022 (Burkina Faso)et 2023 (Niger), le Mali, le Niger et le Burkina Faso comptent lancer une monnaie commune. Finiront-ils par entendre la voix de la raison ou, à tout le moins, la voix de l’économie ?

La date butoir de 2027 dépend de la volonté politique. Le Ghana de John Mahama  semble réaliste inscrit dans une thérapie de choc dont les effets sont visibles sur le  Cedi et la confiance retrouvée des bailleurs . Le Nigeria devrait au préalable tordre la main à une inflation olympique de 27,9 % en juillet 2025. Et il s’agira du plus gros obstacle de l’Eco, le pays comptant 213 millions d’habitants, soit deux tiers de la population de la CEDEAO et 70 % de son PIB

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