Le Comité de politique monétaire (MPC) de la Banque de réserve du Malawi a décidé, à l’issue de sa troisième réunion de l’année tenue les 30 et 31 juillet 2025, de maintenir son taux directeur à 26,0 %. Il a également été décidé que le taux Lombard resterait fixé à 20 points de base au-dessus du taux directeur, tandis que le ratio de réserve obligatoire serait maintenu à 10,0 % pour les dépôts en kwacha et à 3,75 % pour ceux en devises étrangères. Cette décision intervient dans un contexte de ralentissement de l’inflation, qui demeure toutefois à un niveau jugé trop élevé pour permettre un assouplissement monétaire.
Le MPC a salué la baisse progressive de l’inflation, passée de 30,7 % en février à 27,1 % en juin 2025. En moyenne, l’inflation globale s’est établie à 28,0 % au deuxième trimestre, contre 29,9 % au premier, tirée notamment par le recul de l’inflation alimentaire, passée de 37,6 % à 33,4 %. Néanmoins, le Comité estime que cette amélioration reste insuffisante pour justifier un changement de cap. Il a souligné la nécessité de maintenir une posture monétaire restrictive afin de consolider la tendance désinflationniste.
Les perspectives économiques du pays se sont cependant améliorées. Le taux de croissance du PIB est attendu à 2,8 % en 2025, contre 1,7 % en 2024, soutenu par une récolte agricole relativement bonne et par des investissements publics dans le cadre de la stratégie ATM-M (Agriculture, Tourisme, Mines et Manufactures).
Sur le marché des changes, le kwacha est resté relativement stable au deuxième trimestre. Au 30 juin, il s’échangeait à 1 750,48 K pour un dollar américain sur le marché officiel, tandis que le taux du marché parallèle s’établissait à 1 937,41 K. Cette stabilité est attribuée à une amélioration des entrées de devises, notamment grâce à la campagne de commercialisation agricole, malgré une demande persistante en devises étrangères.
En conclusion, Dr MacDonald M. Mwale, président du Comité de politique monétaire, a rappelé que la stabilité des prix nécessitera la poursuite d’un ensemble cohérent de politiques rigoureuses. Il a souligné l’importance de maintenir les efforts d’assainissement budgétaire et de poursuivre les réformes structurelles, en particulier dans les secteurs productifs et exportateurs.
