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Mauritanie : la loi de finances rectificative 2025 introduit un droit d’accise inédit sur l’or et durcit le régime fiscal

Adopté mercredi 30 juillet 2025 dans un contexte économique international incertain et une croissance revue à la baisse (4 % contre 4,2 % initialement prévu), la loi de finances rectificative (LFR) de 2025 marque un tournant dans la stratégie budgétaire de la Mauritanie. Défendu par le Ministre de l’Économie et des Finances, Sid’Ahmed Ould Bouh…

Adopté mercredi 30 juillet 2025 dans un contexte économique international incertain et une croissance revue à la baisse (4 % contre 4,2 % initialement prévu), la loi de finances rectificative (LFR) de 2025 marque un tournant dans la stratégie budgétaire de la Mauritanie. Défendu par le Ministre de l’Économie et des Finances, Sid’Ahmed Ould Bouh au nom du gouvernement, le gouvernement mise sur une mobilisation renforcée des ressources internes à travers une refonte ciblée du système fiscal, centrée sur l’élargissement et la révision du régime des droits d’accise.

La réforme introduit des barèmes différenciés selon la nature des produits, avec une hausse significative de la fiscalité indirecte. Les carburants sont désormais taxés à hauteur de 3,38 MRU par litre de gazole, 7,08 MRU pour l’essence super et 3,42 MRU pour les huiles moteur, dans une fourchette allant de 0,45 à plus de 7 MRU selon le produit pétrolier.

Le secteur du tabac est également touché par une pression fiscale accrue : 50 % ad valorem pour les cigarettes, auxquels s’ajoute une taxe forfaitaire de 10 MRU par paquet, tandis que le tabac brut est taxé à 80 %. Côté boissons, les spiritueux, le champagne et la bière enregistrent des droits d’accise de 324 %, 259 % et 225 % respectivement. D’autres produits sont également visés : boissons sucrées, énergisantes et jus de fruits (30 %), confiseries industrielles (20 %) et emballages plastiques rigides (35 %).

Mais la mesure la plus emblématique concerne l’introduction d’un droit d’accise spécifique de 100 MRU par gramme d’or. Inédite en Mauritanie, cette taxe vise à encadrer un secteur jusqu’ici peu régulé, à élargir l’assiette fiscale et à renforcer le contrôle des flux aurifères. Producteurs, raffineurs et sous-traitants devront désormais déclarer mensuellement leurs volumes et s’acquitter des taxes correspondantes au plus tard le 15 du mois suivant, sous peine de sanctions.

Autre disposition phare : l’instauration d’une retenue à la source généralisée de 2 % sur l’ensemble des livraisons de biens et services à l’État. Cette obligation s’applique aux ministères, établissements publics, entreprises d’État, sociétés mixtes et programmes financés par fonds publics. Chaque entité devra transmettre à la Direction Générale des Impôts un état récapitulatif des opérations effectuées, mentionnant fournisseurs, identifiants fiscaux, montants versés et retenus.

Renforcée dans ses prérogatives, la Direction Générale des Impôts voit ses capacités de contrôle élargies, dans une volonté affichée de sécuriser les recettes, élargir l’assiette fiscale et accroître la transparence des finances publiques.

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