Le marché du capital privé en Afrique connaît un regain de dynamisme, avec un volume d’investissements atteignant 3 milliards de dollars au deuxième trimestre 2025. Ce montant, presque doublé par rapport au trimestre précédent (1,6 milliard de dollars), est porté essentiellement par un retour des méga-transactions, selon un rapport conjoint de Stears et de l’East Africa Venture Capital Association (EAVCA).
Dans les détails, le continent a enregistré 147 transactions durant la période, contre 125 au premier trimestre 2025, mais reste légèrement en dessous des 3,7 milliards de dollars observés à la même période en 2024.
Les méga-transactions, définies comme les investissements supérieurs à 75 millions de dollars, ont représenté 11 % des opérations divulguées, en forte progression par rapport aux 5 % du trimestre précédent. En parallèle, la part des micros et petites transactions a fléchi à 49 %, tandis que les grandes transactions (entre 25 et 75 millions de dollars) ont chuté à 16 %, confirmant une polarisation autour des très grands deals. Ce basculement reflète une confiance accrue dans les opportunités à fort potentiel sur le continent.
L’endettement reste un levier essentiel de financement, notamment dans les secteurs de l’agriculture et de l’énergie, qui concentrent à eux seuls 40 % des opérations de dette recensées. La dette représente 85 % des transactions agricoles, facilitant notamment l’accès au fonds de roulement pour les agripreneurs. Dans le secteur énergétique, son utilisation s’explique par les besoins élevés en capitaux et la prévisibilité des revenus. Les biens et services de consommation ne sont pas en reste, représentant 35 % des transactions par dette, avec une contribution notable de 26 % à l’ensemble des financements de dette du continent.
En termes de dynamique sectorielle, les biens et services de consommation prennent la tête de l’activité avec 27 % de part de marché, détrônant les services financiers (24 %). Les secteurs de la technologie (18 %) et de l’énergie et services publics (14 %) suivent, témoignant d’une diversification progressive des intérêts des investisseurs. Ce repositionnement sectoriel, combiné à un retour des très gros investisseurs, confirme une vitalité retrouvée de l’investissement privé africain, malgré des défis macroéconomiques encore présents.
