Depuis le 10 juillet 2025, le secteur des assurances en Afrique francophone est confronté à une refonte réglementaire d’une ampleur inédite. Le Règlement n°0003/CIMA/PCMA/PCE/SG/2025, édicté par la Conférence Interafricaine des Marchés d’Assurances (CIMA), impose un durcissement spectaculaire des obligations en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et de la prolifération des armes (LBC/FT/FP). Tous les acteurs du marché – assureurs, réassureurs, courtiers – sont désormais tenus de se doter de dispositifs technologiques avancés, intégrés et documentés.
Ce règlement, baptisé « 03/25 », ne laisse aucune zone grise : il impose une cartographie trimestrielle des risques, un profilage comportemental des clients, un filtrage systématique des opérations et bénéficiaires, une vigilance accrue sur les PEP (personnes politiquement exposées) et une capacité à générer automatiquement des déclarations de soupçon. Il impose également l’archivage électronique sécurisé des dossiers clients pendant au moins 10 ans, assorti d’une traçabilité totale de toutes les alertes et actions.
Autrement dit, la conformité n’est plus une démarche procédurale : elle devient une obligation technique, chiffrée, traçable, opposable.
Pour faire face à cette mutation, plusieurs éditeurs de logiciels proposent des solutions intégrées. À titre d’illustration, la suite Reis Risk & Compliance de l’éditeur Vneuron, déjà adoptée par 48 compagnies d’assurance et plus de 100 institutions financières dans les zones CIMA, UEMOA et CEMAC, regroupe des modules KYC et AML qui permettent de répondre point par point à ces nouvelles exigences. Cartographie des risques, moteur d’alerte intelligent, filtrage sur listes internationales, génération automatique de déclarations de soupçon, GED intégrée : autant de briques technologiques devenues indispensables.
Au-delà de l’exemple Vneuron, ce nouveau cadre impose à chaque acteur d’engager une transformation numérique profonde, de revoir ses architectures SI, de former ses équipes conformité, et surtout, de sortir de la logique déclarative pour entrer dans celle de l’automatisation intelligente.




