Lundi 2 novembre 2026

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La Banque confédérale pour l’investissement et le développement (BCID-AES) urbi et orbi

Les États de l’AES – Mali, Burkina Faso, Niger – avancent à grands pas vers la création d’une Banque Confédérale pour l’Investissement et le Développement (BCID). Un projet ambitieux, promu comme l’instrument de la souveraineté économique sahélienne, censé financer infrastructures, industrialisation et transformation agricole. Sur le papier, l’idée séduit : une banque des États, pour…

Les États de l’AES – Mali, Burkina Faso, Niger – avancent à grands pas vers la création d’une Banque Confédérale pour l’Investissement et le Développement (BCID). Un projet ambitieux, promu comme l’instrument de la souveraineté économique sahélienne, censé financer infrastructures, industrialisation et transformation agricole. Sur le papier, l’idée séduit : une banque des États, pour les États, par les États. Dans la réalité, les contours restent flous, le financement incertain et la capacité opérationnelle largement spéculative.

Le capital initial annoncé – 500 milliards de francs CFA – est loin d’être négligeable à l’échelle de l’AES, mais reste modeste face aux besoins colossaux des trois pays. À titre de comparaison, la BOAD, forte de son adossement à l’UEMOA, déploie chaque année plusieurs centaines de milliards sur huit États. Quant à la BIDC, avec un capital autorisé de plus d’un milliard de dollars, elle bénéficie d’un réseau régional, de l’appui de bailleurs et de décennies d’existence. La BCID, elle, démarre de zéro, dans un environnement politique instable, et sans cadre monétaire propre.

Sera-t-elle un double de la BOAD ou de la BIDC ? Non. Elle ne se veut ni duplicata, ni satellite. Les promoteurs parlent d’un outil autonome, affranchi des lourdeurs communautaires. Un instrument à gouvernance resserrée, financé par un prélèvement de 0,5 % sur les importations hors AES et par une meilleure captation des revenus miniers. L’intention est claire : rompre avec la dépendance à l’égard des bailleurs extérieurs. Mais entre la souveraineté proclamée et la réalité budgétaire, il y a un gouffre. Aucun détail sur la structuration financière n’est pour l’instant publié. Quels seront les mécanismes de garantie ? Quelles agences de notation valideront les émissions ? Quelle capacité d’absorption réelle dans des économies à faible bancarisation ?

À vouloir aller vite, on risque de construire une coquille vide. Une banque régionale sans assise technique, sans personnel formé, sans gouvernance crédible, devient un distributeur de faveurs politiques, non un levier de développement. Une banque de projet exige rigueur, prudence et vision. Surtout dans une zone où l’instabilité sécuritaire reste forte, les comptes publics fragiles, et la défiance des partenaires extérieurs tenace.

Certes, créer une banque propre est un geste fort. Mais le geste ne suffit pas. Le continent regorge de banques de développement inefficaces, créées à grand renfort de slogans et mortes d’inefficience ou de détournement. La BCID doit éviter ce piège. Sinon, elle rejoindra la longue liste des éléphants blancs du panafricanisme financier. Une banque, ce n’est pas un symbole. C’est une mécanique de confiance. Et la confiance, ça se bâtit. Pas à coups de communiqués enflammés, mais par des actes, des bilans et des résultats

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