À quelques pas de l’élection du futur directeur général de l’UNESCO, la compétition bat son plein. Chaque partie peaufine sa stratégie, y compris le Congo qui a lancé depuis le 22 juillet une tournée diplomatique en Afrique australe pour appuyer la candidature de Firmin Matoko au poste de directeur général. Cette tournée se déroule dans un cadre géopolitique et diplomatique crucial visant à obtenir l’appui déterminant du Bloc de la Communauté de Développement de l’Afrique Australe (SADC), qui avait autrefois des relations stratégiques avec le Congo. Autrefois base arrière de plusieurs mouvements de libération dans la lutte contre le colonialisme et l’Apartheid, Brazzaville compte des alliés dans cette région des pays de la ligne de front.
En effet, le Congo, dans sa quête de consolidation des soutiens africains face au candidat présenté par l’Égypte, poursuit sa stratégie après la tournée récemment menée par son candidat en Asie et en Europe. Le pays met désormais le cap sur l’Afrique australe afin de positionner son candidat. Dans ce type d’élections fermées aux postes internationaux, comme ceux de l’UNESCO, les blocs régionaux jouent un rôle déterminant. Une forte cohésion africaine est donc essentielle pour garantir une victoire.
De Dar es-Salaam à Pretoria, en passant par Maputo et l’île Maurice, le ministre des Affaires étrangères du Congo, Jean-Claude Gakosso, assisté des ambassadeurs congolais présents dans la région, porte un message particulier du président Denis Sassou-Nguesso à ses homologues africains. Il déploie tous les efforts possibles pour rallier un large soutien africain.
Firmin Matoko n’est pas un inconnu : il a déjà occupé d’importantes fonctions au sein de l’UNESCO, notamment en tant que Sous-Directeur général pour l’Afrique. Selon nos sources, ces tournées visent à promouvoir son expérience et sa compétence, à rappeler son engagement pour l’éducation, la culture et le développement durable en Afrique, et à le présenter comme le meilleur choix pour représenter le continent au sein de cette institution.
Par ailleurs, à travers le soutien actif à cette candidature, le Congo entend affirmer son rôle dans la diplomatie multilatérale, démontrer sa capacité à porter une candidature continentale, et rehausser ainsi son image sur les scènes africaine et internationale.
Le Congo anticipe également d’éventuelles rivalités diplomatiques. En effet, le candidat égyptien, qui se présente depuis longtemps comme le représentant du continent, bien que son pays fasse partie du bloc arabe au sein de l’UNESCO, a semé la confusion lorsque le Congo a officiellement proposé sa candidature à la suite du retrait du candidat gabonais.
C’est dans cette perspective que le Congo recherche activement des appuis avant les élections.
Au regard de ce qui précède, il convient de souligner que la tournée diplomatique du Congo en Afrique australe s’inscrit dans une stratégie d’influence visant à faire de Firmin Matoko le porte-drapeau africain à l’UNESCO. Elle illustre à la fois les dynamiques diplomatiques intra-africaines et la volonté du Congo de jouer un rôle accru au sein des institutions internationales.




