En validant, en mars 2025, l’incorporation dans le capital social de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) de la somme 221 milliards de FCFA (387,6 millions USD) prélevée sur les réserves facultatives issues des bénéfices non distribués, le Conseil d’administration de l’institut d’émission commun aux pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) a consacré la hausse de son capital social de 167,5% pour être désormais porté à 353 milliards FCFA (619,11 millions USD) contre 132 milliards de FCFA (231,5 millions USD) précédemment. L’information a été révélée par le gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui, dans la version actualisée des statuts de l’institution, arrêtée au 30 juin 2025, qu’il a signée le 23 juillet 2025.
La banque centrale explique cette hausse par la réalisation d’un bénéfice net record de 354,7 milliards de FCFA (622 millions USD) en 2024. La BEAC attribue cette performance à « une gestion rigoureuse et transparente, marquée par la maîtrise des dépenses, l’optimisation des revenus d’exploitation », tout autant qu’à « des réformes engagées par le gouverneur pour améliorer la gouvernance et renforcer les performances de l’institution ».
Pour rappel, l’opération de recapitalisation validée par le Conseil d’administration de la BEAC n’est pas la première depuis la création de la BEAC le 22 novembre 1972 sur les cendres de la Banque centrale des Etats de l’Afrique équatoriale et du Cameroun (BCEAEC). En effet, la première, ayant porté son capital à 5 milliards de FCFA (près de 9 millions USD), avait été effectuée lors du transfert du siège de la banque centrale de Paris à Yaoundé en 1977. Dans l’ordre chronologique, l’on est passé à 20 milliards de FCFA en 1983, 24 milliards de FCFA en 1985, 36 milliards de FCFA en 1987 et 45 milliards de FCFA en 1995, à 88 milliards de FCFA en 2007, à 132 milliards en 2023.
