Malgré une offre en pleine expansion, la consommation des produits d’assurance reste marginale en Côte d’Ivoire, selon l’enquête 2024 de l’Observatoire des habitudes de consommation des produits d’assurance (OHCA), présentée ce mercredi 23 juillet à Abidjan. Ce, en présence du ministère de l’Economie, du Plan et du Développement, de l’Association des sociétés d’assurance de Côte d’Ivoire (ASACI), l’Ecole nationale supérieure de statistique et d’économie (ENSEA), l’Institut national polytechnique Félix Houphouët Boigny (INPHB), les compagnies nationales, régionales et privées d’assurances
Avec des taux de souscription parfois inférieurs à 1 % pour certains risques immobiliers, le secteur, malgré l’émergence de nouveaux mécanismes de digitalisation des autorités, fait face à de nombreux freins : méconnaissance des produits, perception de coûts élevés, et influence limitée aux sphères professionnelles. Cette situation, souligne-t-on, appelle à des actions urgentes pour promouvoir l’inclusion financière et démocratiser l’accès aux services assurantiels.
Pour répondre à ces enjeux, une dynamique académique s’est mise en place autour de la Chaire de l’Actuariat, logée à l’ENSEA. Soutenue par des acteurs tels que la Compagnie Commune de Réassurance des Etats Membres de la Conférence Interafricaine des Marchés d’Assurances (CICARE) et l’ASACI, cette initiative articule formation initiale, formation continue et recherche appliquée. Elle vise à structurer un vivier de compétences locales capables de comprendre les besoins spécifiques du marché régional. Le lancement prévu d’un master en finance en janvier 2026 constitue une avancée stratégique dans cette perspective de professionnalisation du secteur.
Les observatoires mis en place, à l’instar de celui piloté par l’ASACI, constituent des dispositifs d’analyse avancée des comportements assurantiels. Leurs enquêtes mettent en lumière la vulnérabilité des ménages face aux risques sanitaires et immobiliers, ainsi que leur préférence pour des bénéfices immédiats au détriment de la couverture à long terme. Ces données, essentielles à la prise de décision, permettent d’orienter les offres vers des modèles plus adaptés aux réalités économiques et culturelles locales.
La mise en place de plateformes marque une étape décisive pour structurer l’accès à l’information dans le secteur. Ces outils sécurisés favorisent une meilleure connaissance des risques et sinistres, et encouragent une collaboration entre chercheurs, assureurs et pouvoirs publics. Comme l’a souligné Karim Diarassouba, président de la Chaire de l’Actuariat, l’objectif est de pérenniser la production de données pertinentes pour guider les décisions stratégiques, dans un contexte où la Côte d’Ivoire affiche un taux de pénétration de l’assurance de seulement 1 à 2 %, bien loin des standards internationaux.
