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Cameroun : l’Etat entend ouvrir le capital de Société générale

Dans son communiqué annonçant la signature d’un accord de rachat par le gouvernement camerounais des 58,08%, totalité des parts détenues par le groupe français Société Générale dans sa filiale locale, Société Générale Cameroun (SGC), le ministre camerounais des Finances, Louis Paul Motaze, indiquait également que le Cameroun n’était pas contre « la possibilité d’ouvrir, à…

Dans son communiqué annonçant la signature d’un accord de rachat par le gouvernement camerounais des 58,08%, totalité des parts détenues par le groupe français Société Générale dans sa filiale locale, Société Générale Cameroun (SGC), le ministre camerounais des Finances, Louis Paul Motaze, indiquait également que le Cameroun n’était pas contre « la possibilité d’ouvrir, à terme, le capital à des partenaires stratégiques nationaux et/ou internationaux ». En effet, dans ce document le membre du gouvernement camerounais, « rassure l’ensemble des parties prenantes que l’Etat entend préserver dans la durée, la bonne gouvernance, la transparence et la performance de la banque, tout en envisageant à terme l’ouverture du capital à d’autres partenaires stratégiques nationaux et/ou internationaux ».

A l’analyse, une éventuelle ouverture de l’actionnariat de la Société Générale après cession de ses actifs au Cameroun aiguise un peu plus l’appétit de certains groupes bancaires africains présents sur le territoire camerounais. En premier, on pense ainsi à Coris Bank. Cette banque commerciale panafricaine basée au Burkina Faso avait exprimé son intention d’acquérir la filiale camerounaise de Société Générale. Les discussions entamées d’ailleurs avec le groupe français avaient capoté, le Cameroun ayant exercé son droit de préemption en janvier 2025. Outre Coris Bank qui pourrait voir son ambition réalisée en cas d’ouverture du capital par le Cameroun, l’on évoque le groupe Nsia, désireux de s’implanter sur un marché à fort potentiel. Tout autant que le groupe bancaire gabonais BGFI qui voudrait également continuer à renforcer sa présence sur le marché camerounais. A ce propos, en mai 2024, Henri-Claude Oyima, alors président du groupe BGFI, après le rachat de la filiale congolaise de Société Générale après le droit de préemption exercé par Brazzaville, indiquait à la presse que « nous explorons activement d’autres opportunités dans nos pôles de croissance. Notre stratégie inclut à la fois des acquisitions et des expansions internes, selon les opportunités du marché. Donc rassurez-vous, il n’y aura pas un désert parce que certains s’en vont. Il y aura de la complémentarité et des places pour les banques africaines ».

Pour rappel, le 15 juillet 2025, le ministre camerounais de Finances annonçait l’acquisition de la totalité des parts (58,08%) de la filiale locale de la Société Générale. Ce qui porte la participation de l’État à 83,68%, contre 25,6% avant cet accord dont la finalisation est conditionnée par sa validation par la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC), le gendarme financier de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).

La cession de ses actifs à l’Eta du Cameroun, en conformité avec le droit de préemption exercé par ce dernier, prévu à l’article 10.2 des statuts de la banque, s’inscrit dans le cadre du retrait du groupe français de plusieurs marchés africains, dont le Cameroun, et dans une logique de renforcement de la souveraineté financière du pays.

Ce n’est pas la première fois que le Cameroun réalise pareille opération. En effet, l’on se souvient qu’en 2009, la première économie de la CEMAC avait déjà acquis la Commercial Bank Cameroon (CBC) pour la sauver de la faillite, avant de lancer en 2024 un processus de cession partielle. Dont le plan de désengagement, présenté par le directeur général du Trésor, Moh Sylvester Tangongho, prévoit la cession de 51% des actions à un investisseur stratégique et de 30% à la Bourse des Valeurs Mobilières de l’Afrique Centrale (BVMAC), 17% restant dans le portefeuille public.
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