Le Moyen-Orient et l’Afrique (MEA) figurent parmi les marchés émergents les plus dynamiques du secteur de l’assurance en 2024, selon le rapport « L’assurance mondiale en 2025 : un ordre mondial plus risqué et plus fragmenté » publié par le Swiss Re Institute (SRI). La région s’est distinguée par une croissance supérieure à la moyenne, contrastant avec le ralentissement observé dans plusieurs autres économies émergentes.
Sur l’ensemble des marchés émergents de l’assurance non-vie, les primes ont augmenté de 5,8 % en 2024, un taux conforme à la moyenne des dix dernières années (5,7 %). Mais en excluant la Chine, cette progression tombe à 2 %, pénalisée notamment par la quasi-stagnation du marché indien (+0,2 %), affecté par des changements réglementaires. Dans ce contexte, la performance du MEA ressort nettement au-dessus de la moyenne.
L’assurance vie portée par la demande structurelle en Afrique
Dans les marchés émergents, y compris ceux du MEA mais hors Chine, les primes d’assurance vie devraient croître de 4,2 % en 2025 et de 4,4 % en 2026, dépassant largement la moyenne historique (TCAC 2014-2023) de 2,5 %. Ces perspectives sont alimentées par plusieurs leviers : une demande croissante de la classe moyenne, un taux de pénétration encore faible, ainsi que des réformes réglementaires favorables dans de nombreux pays de la région.
En 2024, les primes d’assurance vie dans les marchés émergents ont bondi de 13,1 % en termes réels. Hors Chine, la croissance atteint 10,5 %, contre seulement 1,7 % en 2023. Cette accélération est attribuée à des taux d’intérêt élevés, une conjoncture économique robuste, la vitalité des marchés financiers et l’évolution des cadres réglementaires.
Un ralentissement global attendu, mais des fondamentaux solides pour MEA
Malgré cette forte performance, le Swiss Re Institute anticipe un ralentissement généralisé de la croissance du secteur mondial de l’assurance en 2025, dans un contexte de refroidissement économique mondial et de tensions géopolitiques persistantes. La progression des primes (vie et non-vie) devrait s’établir à seulement 2 % en termes réels en 2025, après +5,2 % en 2024, avec un léger rebond attendu à 2,3 % en 2026.
Dans le segment non-vie, les perspectives pour 2025 se dégradent également. Les primes mondiales devraient croître de 2,6 %, contre 4,7 % en 2024, en raison de la montée de la concurrence sur le marché des particuliers et d’un affaiblissement des conditions de marché dans le segment entreprise.
Pour l’assurance vie, après une hausse solide de 6,1 % en 2024, soutenue par la demande en produits d’épargne, la croissance des primes devrait retomber à 1 % en 2025. Une reprise modérée à 2,4 % est attendue en 2026. Toutefois, la volatilité persistante des marchés pousse les assurés à privilégier les produits vie assortis de garanties. Si la demande reste relativement inélastique, un ralentissement économique prolongé pourrait malgré tout peser sur le secteur.
Des perspectives de rentabilité portées par les rendements financiers
Malgré ce contexte, les perspectives de rentabilité du secteur restent favorables. Le SRI estime que la hausse structurelle des taux d’intérêt continuera de profiter aux assureurs en améliorant les rendements de leurs portefeuilles d’actifs pendant encore deux à trois ans. Cette tendance bénéficiera tant aux acteurs de l’assurance non-vie qu’aux assureurs vie, même si ces derniers resteront exposés à la volatilité des marchés financiers et à une augmentation des taux de défaut, en particulier ceux disposant de fonds propres limités.
En somme, la région MEA confirme son potentiel en tant que relais de croissance du secteur mondial de l’assurance, portée par des dynamiques structurelles solides malgré un environnement international incertain.
