Entre 2014 et 2024, au Cameroun, la direction générale des Impôts (DGI) a enregistré 320.000 nouveaux contribuables, les chiffres y relatifs passant de 80.000 à 400.000. Soit une hausse de 400% en dix ans. L’information a été révélée le 3 juillet 2025 par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, lors de son passage à l’Assemblée nationale dans un contexte de présentation attendue du Document de programmation économique et budgétaire à moyen terme 2026-2028 qui sert de base au débat d’orientation budgétaire pour la validation par la chambre basse du projet de loi des finances rectificative 2025.
Ces chiffres restent cependant loin de l’objectif d’un million de contribuables fixé par le gouvernement camerounais dans la Stratégie nationale de développement (SND30) d’ici à 2026. A échéance, il est question d’enrôler 600.000 nouveaux contribuables en deux ans, soit 300 000 par an, contre une moyenne actuelle de 32 000.
Cette situation a soulevé, de la part des élus de la nation, des réserves sur les capacités du gouvernement camerounais à formaliser le secteur informel. En réaction, le ministre des Finances, en reconnaissant le caractère « mitigé » des résultats, a rappelé aux députés que « l’économie camerounaise, à l’instar de celles d’autres pays en développement, reste profondément informelle ». « Le gouvernement a initié un ensemble d’actions en vue d’inverser la tendance et, partant, optimiser le recouvrement de nos recettes », a poursuivi Louis Paul Motaze. Pour qui « le passage du secteur informel au formel est un axe majeur de la SND30, qui souligne l’importance d’un environnement adapté : financement, fiscalité incitative, accès au marché, simplification administrative et réformes juridiques ».
En conséquence, face à « la complexité des démarches, le manque de garanties commerciales et la peur d’une pression fiscale mal comprise », l’on observe que la plupart des acteurs économiques décident de ne pas s’enregistrer.
