Bank Al-Maghrib a officiellement adhéré au Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS), faisant du Maroc le 17ᵉ pays à rejoindre cette infrastructure régionale destinée à faciliter les paiements transfrontaliers en Afrique.
Lancé en janvier 2022 à Accra et développé par la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), en partenariat avec l’Union africaine et le Secrétariat de la ZLECAf, le PAPSS est conçu pour faciliter les paiements transfrontaliers en temps réel, dans les monnaies locales, tout en réduisant les coûts et les délais de transaction.
« L’entrée du Maroc en tant que dix-septième membre de la banque centrale témoigne de la dynamique croissante et de la confiance dans le PAPSS. Avec l’adhésion de nouveaux pays, nous faisons des progrès significatifs vers un marché africain véritablement unifié », a déclaré Mike Ogbalu III, directeur général du système.
Depuis sa création, le PAPSS s’est déployé progressivement sur le continent. L’adhésion du Maroc fait suite à celles du Nigeria, du Ghana, de la Sierra Leone, du Zimbabwe, de la Gambie, de la Guinée et plus récemment du Rwanda et de l’Angola, consolidant un socle d’utilisateurs institutionnels et commerciaux. Aujourd’hui, le réseau regroupe plus de 150 banques commerciales, 14 commutateurs nationaux, ainsi que les banques centrales de 17 pays.
L’entrée du Maroc, deuxième économie d’Afrique du Nord avec un PIB estimé à 160 milliards USD en 2024, derrière l’Egypte (387 milliards USD), est hautement symbolique. Le pays, déjà engagé dans plusieurs accords bilatéraux et régionaux en Afrique subsaharienne, affirme ainsi sa volonté d’être un acteur central dans l’architecture financière continentale. Avec son réseau bancaire très présent en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, le Maroc entend accélérer l’interopérabilité entre les systèmes financiers nord-africains et ceux du reste du continent.
Le PAPSS est l’un des instruments opérationnels majeurs de la ZLECAf, dont l’objectif est de constituer un marché unique de 1,4 milliard d’habitants. En 2023, le commerce intra-africain ne représentait que 14,4 % des échanges du continent, contre plus de 60 % pour l’Union européenne.
