Le groupe des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) prévoit la création d’un Fonds de garantie multilatéral, soutenu par la Nouvelle Banque de développement (NDB), dans le but de mobiliser des investissements privés à grande échelle et de réduire les coûts de financement dans les pays membres.
Ce mécanisme, calqué sur le modèle de l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) de la Banque mondiale, reflète une ambition stratégique visant à construire un outil alternatif de gestion du risque souverain, dans un contexte d’incertitude croissante autour de la politique économique américaine et des marchés financiers internationaux.
Le Fonds devrait être formellement annoncé lors du 17ᵉ sommet des BRICS, qui se tiendra les 6 et 7 juillet 2025 à Rio de Janeiro, au Brésil. L’événement marquera également l’entrée officielle de cinq nouveaux membres : l’Égypte, l’Éthiopie, l’Indonésie, l’Iran et les Émirats arabes unis, renforçant le poids du groupe sur la scène mondiale.
Avec cette expansion, les BRICS élargis représentent désormais près de 40 % du PIB mondial en parité de pouvoir d’achat, dépassant les 30 % cumulés des pays du G7, selon les dernières estimations du FMI.
Le dispositif a reçu l’approbation technique des États membres. L’aval des ministres des Finances est attendu lors du sommet. Aucun capital additionnel ne sera requis à ce stade, la NDB mobilisant ses ressources existantes. Les travaux techniques devraient être finalisés d’ici fin 2025.
Ce fonds reflète la volonté des BRICS de s’affranchir des institutions financières occidentales en s’appuyant sur la crédibilité de la NDB pour attirer les capitaux privés. Son succès reposera toutefois sur la capacité de la banque à gérer les risques, la qualité de la gouvernance et la cohésion d’un groupe élargi. Sans capitaux frais ni garanties souveraines, l’ambition de levier financier reste élevée, et la viabilité du mécanisme sera réellement testée lors des premiers projets en 2026.
