Le Fonds monétaire international (FMI) a appelé le gouvernement nigérian à réviser son budget 2025, initialement fixé à 54 990 milliards de nairas (119,5 milliards USD), en raison de la baisse des prix du pétrole brut sur le marché mondial, selon un rapport annuel du Fonds publié le 2 juillet à Washington.
Le budget avait été élaboré sur la base d’un baril à 75 USD, alors que les cours actuels du Brent et du West Texas Intermediate évoluent autour de 68,7 USD et 67 USD. Cet écart expose le Nigeria à des risques budgétaires importants, d’où la nécessité, selon le FMI, d’ajuster les prévisions pour préserver l’équilibre macroéconomique.
« Une baisse prolongée des cours du pétrole, combinée à des conditions de financement externes tendues, pourrait compromettre la viabilité budgétaire du Nigeria », avertit le Fonds.
L’institution a toutefois relevé sa prévision de croissance pour le Nigeria à 3,4 % en 2025, contre 3,2 % précédemment. Cette amélioration s’explique par une augmentation attendue de la production pétrolière (estimée à 1,745 million de barils par jour), une inflation en recul (22,97 % en mai 2025), ainsi que par la mise en service d’une nouvelle raffinerie nationale et la résilience du secteur des services.
Malgré ces signaux positifs, le FMI note que cette croissance reste peu inclusive. L’insécurité alimentaire, la pauvreté persistante et les tensions sécuritaires, notamment dans les zones agricoles, continuent de freiner les retombées économiques au profit des populations.
Le rapport salue les réformes monétaires en cours, en particulier la libéralisation du taux de change par la Banque centrale du Nigeria (CBN), qui a contribué à stabiliser le naira et à améliorer les flux de capitaux. Le FMI recommande néanmoins de maintenir une politique monétaire restrictive tant que la tendance désinflationniste ne sera pas solidement établie.
A noter que la recommandation du FMI intervient dans un contexte de pression budgétaire croissante liée à la baisse des cours du pétrole, sur lequel repose une part importante des recettes de l’État nigérian. Une éventuelle révision du budget 2025 pourrait s’avérer nécessaire pour éviter un déséquilibre macroéconomique, alors que le gouvernement tente de maintenir la stabilité monétaire, contenir l’inflation et soutenir la croissance.
