L’économie égyptienne a affiché une croissance trimestrielle de 4,77 % au troisième trimestre de l’exercice budgétaire 2024/2025, marquant son meilleur niveau en trois ans. Cette performance, annoncée le 30 juin par le ministère de la Planification, du Développement économique et de la Coopération internationale, contraste fortement avec le taux de 2,2 % enregistré à la même période l’an dernier.
Sur les neuf premiers mois de l’exercice, la croissance moyenne s’établit à 4,2 %, contre 2,4 % un an plus tôt, confirmant une reprise solide de l’activité malgré un contexte économique mondial encore incertain.
Selon la ministre de la Planification, Dr Rania Al-Mashat, cette progression traduit l’efficacité des réformes économiques et structurelles engagées, ainsi que les efforts en faveur d’une économie compétitive, axée sur le développement du secteur privé, la production nationale et les exportations.
Cette dynamique repose sur les bonnes performances de plusieurs secteurs clés, notamment l’industrie manufacturière non pétrolière (+16 %), le tourisme (notamment la restauration et l’hôtellerie) (+23 %), soutenu par l’arrivée de 4 millions de visiteurs, les technologies de l’information et de la communication (+14,7 %), ainsi que l’assurance, le courtage financier, l’électricité et la construction.
L’industrie a également connu une forte reprise, avec une hausse de 16,03 % de l’indice de production industrielle (hors pétrole), portée par des hausses spectaculaires dans l’automobile (+93 %), le prêt-à-porter (+58 %) et les boissons (+34 %).
Quelques secteurs en retrait
À l’inverse, certains secteurs ont enregistré des baisses notables. L’activité du canal de Suez a chuté de 23,1 % au troisième trimestre, après une baisse de 51,6 % l’an dernier, avec des recettes tombées à 900 millions de dollars au quatrième trimestre, contre 1,1 milliard un an plus tôt. Le secteur extractif a également reculé de 10,38 %, en raison du déclin de la production de pétrole et de gaz.
Les exportations nettes ont fortement contribué à la croissance (+2,7 points), portées par une envolée des exportations (+54,4 %) alors que les importations ont progressé plus modérément (+18,7 %).
L’investissement privé s’est également illustré, affichant une croissance annuelle de 24,2 %, représentant près de 63 % des investissements totaux, tandis que l’investissement public a chuté de 45,6 %.
Malgré les vents contraires à l’international, l’Égypte semble bien partie pour dépasser son objectif de croissance annuel de 4 %, grâce à la relance industrielle et au regain des investissements privés.
