Après les 6, 26, 27 et 28 juin, des manifestants annoncent un retour dans la rue dès ce mardi 1er juillet, date du début des campagnes pour les élections municipales prévues le 17 juillet. Le point.
Des marchés peu fréquentés, des commerces fermées, des rues presque désertées… C’est le constat fait du 26 au 28 juin dernier dans certains quartiers de Lomé, où des populations ont choisi d’exprimer leur colère, pour demander, disent-ils, le départ de Faure Gnassingbé. Ainsi, des jeunes ont pris d’assaut plusieurs artères de la capitale, malgré un dispositif impressionnant de sécurité mis en place depuis la veille.
Ces trois jours ont été marqués par des affrontements entre forces de l’ordre et manifestants dans des quartiers comme Bè, Kpota, Avepozo, Adakpamé, ou encore Adidogomé. Un bilan non officiel fait état d’au moins 5 corps retrouvés dans la lagune Bè, l’un des quartiers où se sont déroulés des affrontements entre forces de l’ordre, armées de gaz lacrymogènes, et manifestants, armés de pierres, érigeant des barricades et brulant des pneus à certains endroits.
« La découverte et le repêchage de corps dans le 4ème lac à Akodesséwa et dans la lagune à Bè, les 26 et 28 juin, ont donné lieu à des tentatives de récupération malheureuses, démenties par les résultats des analyses médico-légales qui, aussitôt conduites, ont révélé que ces décès sont survenus par suite de noyade », indique un communiqué du gouvernement publié dimanche soir.
A l’origine de l’initiative de ces manifestations, des blogueurs qui, dans des vidéos diffusées en direct sur les réseaux sociaux, appellent à une manifestation contre la mauvaise gouvernance.
En effet, la date du 6 juin, premier jour de la manifestation, a été proposée par l’artiste rappeur Amron, mieux connu ces derniers mois pour ses sorties contre le régime que sa musique. Il s’agissait, pour lui, d’une invitation au peuple togolais à souhaiter un joyeux anniversaire au président du conseil par des marches. Arrêté le 26 mai, il a été présenté comme souffrant d’une maladie mentale, conduit et « traité » dans un centre psychiatrique avant d’être libéré près d’un mois après.
A noter que les blogueurs appellent à une poursuite de la manifestation ce mardi 1er juillet, date du début des campagnes pour les élections municipales prévues le 17 juillet. Le gouvernement, pour sa part, dénonce « une campagne de désinformation et d’incitation à la haine, à la violence, à l’incivisme et à la désobéissance civile », entreprises par « des individus dont la grande majorité réside hors du territoire national », « utilisant la manipulation, la diffusion de fausses informations et images, parfois générées par le recours à l’Intelligence Artificielle ou importées de contextes sans aucun rapport avec le Togo ».
En rappel, les dernières vagues de contestations populaires contre le régime de Faure Gnassingbé remontent à l’année 2020 au lendemain des élections présidentielles, et aux années 2017-2018 menées par le Parti national panafricain (PNP) de Tikpi Atachadam.



