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Sénégal : l’Assemblée adopte une Loi de finances rectificative sous tension économique

L’Assemblée nationale du Sénégal a adopté, ce samedi 28 juin, la Loi de finances rectificative (LFR) 2025, un texte budgétaire crucial qui acte la révision en profondeur des équilibres financiers du pays. Sur les 139 députés votants, 126 ont voté pour, 11 contre et 2 se sont abstenus, confirmant un large soutien parlementaire malgré un…

L’Assemblée nationale du Sénégal a adopté, ce samedi 28 juin, la Loi de finances rectificative (LFR) 2025, un texte budgétaire crucial qui acte la révision en profondeur des équilibres financiers du pays. Sur les 139 députés votants, 126 ont voté pour, 11 contre et 2 se sont abstenus, confirmant un large soutien parlementaire malgré un contexte économique marqué par des incertitudes et la publication récente du rapport d’audit de la Cour des comptes.

Présentée comme la traduction financière de l’Agenda national de Transformation « SENEGAL 2050 », cette LFR 2025 revoit à la baisse plusieurs indicateurs macroéconomiques qui figuraient dans la Loi de finances initiale, adoptée en fin d’année dernière.

Croissance revue à la baisse et déficit en hausse

Les nouvelles prévisions confirment un ralentissement relatif de la dynamique attendue :

  • Le taux de croissance du PIB est révisé à 8,0 %, contre 8,8 % initialement prévu. Hors hydrocarbures, la croissance devrait s’établir à 3,8 %.
  • Le PIB nominal passe à 21 690,5 milliards FCFA, soit une contraction de 4 % par rapport aux projections précédentes (22 597,7 milliards).

Conséquence directe : la trajectoire des finances publiques se tend, avec un déficit budgétaire porté à 7,82 % du PIB (1 695,9 milliards FCFA), contre 7,08 % anticipé dans la LFI. Cela représente une dégradation en valeur absolue de 95,5 milliards FCFA, soit une hausse de 6 %.

Malgré cette dérive, le Gouvernement a rappelé son engagement ferme à ramener progressivement le déficit à 3 % du PIB, conformément aux critères de convergence de l’UEMOA à moyen terme.

Un besoin de financement plus important

Le texte révèle également un besoin de financement additionnel de 1 141,7 milliards FCFA, portant le total à plus de 5 715 milliards FCFA. Ce financement doit permettre de couvrir à la fois les dépenses courantes et les investissements, alors que le gouvernement entend maintenir les grands projets d’infrastructure inscrits dans le programme « SENEGAL 2050 ».

Dans le détail :

  • Les recettes du budget général sont révisées à 4 794,6 milliards, en baisse de 2,6 % (-125,7 milliards) par rapport aux prévisions initiales.
  • Les dépenses atteignent 6 395,1 milliards, légèrement réduites de 0,5 % (-30,3 milliards).

Le taux de pression fiscale, indicateur clé de mobilisation des ressources, est également revu à la baisse, à 18,9 % du PIB contre 19,3 % initialement attendu.

Soutenir les priorités malgré la contrainte budgétaire

En séance plénière, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh DIBA a insisté sur le caractère réaliste de ces ajustements : « La LFR 2025 s’adapte à la conjoncture tout en protégeant les priorités stratégiques », a-t-il déclaré. Le gouvernement assure que la trajectoire des finances publiques restera soutenable, malgré l’augmentation de l’endettement et les tensions sur la trésorerie.

Le texte prévoit de poursuivre l’exécution des programmes sociaux, de renforcer la sécurité alimentaire et de financer les chantiers d’infrastructure structurants. Il acte aussi la volonté de renforcer les mécanismes de contrôle budgétaire, dans la foulée des recommandations de la Cour des comptes.

Des débats nourris, un vote sans surprise

Le vote a donné lieu à des échanges nourris sur la gestion de la dette, la transparence et la soutenabilité budgétaire. L’opposition a dénoncé une « dérive préoccupante » du déficit et un manque d’anticipation face aux chocs économiques. La majorité présidentielle a, elle, défendu une révision jugée « nécessaire et responsable ».

En dépit de ces critiques, le large vote favorable confirme l’appui politique dont bénéficie l’Agenda « SENEGAL 2050 », que l’Exécutif entend conserver comme boussole des politiques publiques à moyen terme.

Avec cette LFR 2025, le Sénégal se prépare à naviguer une période budgétaire exigeante, entre ambitions de transformation économique et contraintes de financement accrues.

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