Le Dépositaire Central/Banque de Règlement (DC/BR) de l’Union Monétaire Ouest-Africaine (UMOA) a réuni, ce mercredi 25 juin à Abidjan, des acteurs de la presse économique autour d’une session d’échanges. Cette rencontre s’inscrit dans une démarche pédagogique visant à vulgariser les projets structurants en cours sur le marché financier régional. Au cœur des discussions : l’accélération du cycle de règlement-livraison, un enjeu stratégique pour la modernisation de la place financière régionale.
Actuellement fixé à J+3, ce cycle qui correspond au délai entre la date de négociation d’un titre et sa livraison effective, devrait passer à J+2 d’ici la fin de l’année 2025. Cette réforme, en ligne avec les meilleures pratiques internationales, vise à réduire les risques de contrepartie, améliorer la liquidité des titres, et renforcer la compétitivité de la BRVM face aux autres marchés financiers. « L’objectif de ce projet est de réduire le délai d’attente quand vous achetez sur le marché. Ce qui est très important parce que vous avez l’opportunité de réinvestir plus vite si on passe à J+2 qu’à J+3 ou J+5, où on était en 1998 », a expliqué Birahim Diouf, Directeur général du DC/BR.
Selon l’institution, ce raccourcissement du délai de règlement-livraison permettra également de fluidifier les transactions et de renforcer la confiance des investisseurs, notamment institutionnels. « L’idée de la réduction du cycle de règlement, c’est aussi de réduire les risques, puisque les transactions prennent moins de temps à se régler. Donc il y a moins de risque, même si le risque zéro n’existe pas », a précisé M. Diouf.
Ce chantier s’inscrit dans le cadre du plan stratégique “Aya 2021-2025” porté par le DC/BR, en coordination avec les autres acteurs du marché financier de l’UMOA, dont l’AMF-UMOA et la BRVM. L’objectif est une mise à niveau du marché régional selon les standards internationaux. Le DC/BR explore aussi une réforme plus ambitieuse : celle d’un règlement des transactions en temps réel (T+0). Pour l’heure, ce projet est à l’état exploratoire, et aucune date n’est encore fixée.
La transition du cycle de règlement de J+3 à J+2 représente une étape essentielle dans la modernisation des marchés financiers de l’UMOA. À horizon fin 2025, cette réforme devrait non seulement réduire les risques et stimuler la liquidité, mais aussi positionner la région sur un pied d’égalité avec les grandes places financières internationales. Le passage à T+0, encore lointain, pourrait quant à lui ouvrir une nouvelle ère d’instantanéité dans les échanges boursiers ouest-africains.




