Lors de sa deuxième réunion trimestrielle de l’année 2025, tenue ce mardi 24 juin, le Conseil de Bank Al-Maghrib (BAM) a décidé de maintenir inchangé son taux directeur à 2,25 %. Cette décision s’inscrit dans un contexte international marqué par une forte incertitude liée aux tensions géopolitiques et aux nouvelles orientations commerciales des États-Unis, qui continuent de peser sur la croissance mondiale et contribuent à un recul progressif de l’inflation.
Au niveau national, la banque centrale marocaine observe une dynamique favorable dans les secteurs non agricoles, soutenue par des investissements dans les infrastructures. Ces efforts s’inscrivent dans la stratégie nationale de lutte contre le changement climatique et de préparation aux grands événements internationaux prévus à l’horizon 2030. Cette tendance devrait renforcer la reprise de l’emploi constatée ces derniers trimestres.
Sur le plan de l’inflation, BAM note une décélération marquée. Après avoir atteint 2 % au premier trimestre, l’inflation est tombée à 0,7 % en avril, puis 0,4 % en mai, grâce notamment à la baisse des prix des produits alimentaires, en particulier des viandes fraîches. L’inflation annuelle devrait s’établir autour de 1 % en 2025 avant de remonter à 1,8 % en 2026. Les anticipations d’inflation restent bien ancrées, les experts du secteur financier tablant sur des taux moyens de 2,3 % à 8 trimestres et 2,5 % à 12 trimestres.
Prévisions économiques : croissance et dynamisme
Selon les projections actualisées de BAM, la croissance économique atteindrait 4,6 % en 2025, après 3,8 % en 2024, puis se stabiliserait à 4,4 % en 2026. La valeur ajoutée agricole progresserait de 5 % cette année, portée par une récolte céréalière estimée à 44 millions de quintaux, avant de ralentir à 3,2 % en 2026. Les secteurs non agricoles devraient croître à un rythme soutenu de 4,5 % sur les deux années.
Les exportations devraient augmenter de 5,1 % en 2025, puis de 9 % en 2026, grâce notamment à la hausse des ventes de phosphates et dérivés. En revanche, les exportations automobiles devraient stagner en 2025, avant de rebondir à 188 milliards de dirhams en 2026. Les importations progresseraient également, stimulées par les achats de biens d’équipement, alors que la facture énergétique continuerait de baisser pour atteindre 96 milliards de dirhams en 2026.
Les recettes touristiques devraient poursuivre leur tendance haussière pour atteindre 128,4 milliards de dirhams en 2026. Quant aux transferts des Marocains résidant à l’étranger, après un repli en 2025, ils retrouveraient une trajectoire ascendante pour atteindre près de 121 milliards de dirhams l’année suivante. Le déficit du compte courant resterait modéré, autour de 2 % du PIB sur la période, et les investissements directs étrangers représenteraient environ 3,5 % du PIB en 2026. Les réserves en devises, pour leur part, devraient s’établir à 423,7 milliards de dirhams fin 2026, soit environ cinq mois et demi d’importations.
Marché monétaire et finances publiques
Le besoin de liquidité des banques devrait s’alléger à 122,5 milliards de dirhams d’ici fin 2025, avant de remonter à 140 milliards en 2026. Le crédit au secteur non financier enregistrerait une nette accélération, dépassant les 6 % de croissance annuelle contre 2,7 % en moyenne ces deux dernières années.
Côté finances publiques, BAM anticipe un déficit budgétaire de 3,9 % du PIB en 2025, stable par rapport à l’année précédente, avant un recul à 3,4 % en 2026. Cette prévision repose sur une hausse des recettes fiscales et une progression des dépenses publiques, notamment d’investissement.
