Dans une déclaration conjointe rendue publique le 24 juin 2025, les pays membres des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud, ainsi que les nouveaux membres élargis) ont fermement condamné les récentes attaques militaires menées contre la République islamique d’Iran. Le communiqué, diffusé par le ministère brésilien des Affaires étrangères, juge que ces frappes violent le droit international ainsi que la Charte des Nations Unies.
« Nous exprimons notre profonde préoccupation face aux frappes militaires contre la République islamique d’Iran depuis le 13 juin 2025, qui constituent une violation du droit international et de la Charte des Nations Unies », indique le texte.
Ce message intervient dans un contexte de forte tension au Moyen-Orient. Le 13 juin, Israël a en effet lancé une opération militaire surprise contre l’Iran. Moins de 24 heures plus tard, Téhéran ripostait. Les États-Unis sont entrés dans le conflit le 22 juin, en frappant trois sites nucléaires iraniens, ce qui a provoqué une réplique immédiate de l’Iran : une attaque au missile sur la base américaine d’Al Udeid, au Qatar, dans la soirée du 23 juin. Bien que les autorités américaines aient minimisé les conséquences de l’attaque, affirmant qu’aucune victime n’était à déplorer, l’escalade militaire a suscité une vive inquiétude au sein de la communauté internationale.
Un appel à la paix et à un Moyen-Orient dénucléarisé
Les BRICS, sous la présidence tournante du Brésil cette année, ont également exprimé leur inquiétude face aux frappes ciblant les installations nucléaires iraniennes, qu’ils estiment contraires aux résolutions de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Le groupe appelle par ailleurs à « un Moyen-Orient exempt d’armes nucléaires et d’autres armes de destruction massive », reprenant un engagement historique des BRICS en faveur de la non-prolifération et du désarmement.
« Les BRICS restent déterminés à promouvoir la paix et la sécurité internationales et à encourager la diplomatie et le dialogue pacifique comme seule voie durable vers la stabilité à long terme dans la région », précise encore le communiqué.
Vers une désescalade ?
La déclaration du groupe BRICS intervient alors que le président américain Donald Trump a annoncé, ce 24 juin, qu’un cessez-le-feu complet avait été conclu entre Israël et l’Iran. Selon Washington, Tel-Aviv aurait accepté une proposition américaine de désescalade après avoir « atteint tous ses objectifs militaires ». Téhéran, de son côté, parle d’une « victoire stratégique » ayant contraint Israël à interrompre unilatéralement ses hostilités.
Dans ce climat incertain, les BRICS insistent sur la nécessité d’un cadre multilatéral de négociation, en appelant toutes les parties à respecter les principes de souveraineté et à éviter les actions unilatérales susceptibles de raviver les tensions régionales.
Un positionnement géopolitique renforcé
Par cette déclaration, les BRICS se veulent un contrepoids diplomatique sur la scène internationale. Ils se posent en défenseurs d’un ordre multilatéral fondé sur le droit et refusent l’usage unilatéral de la force, en particulier dans des zones aussi sensibles que le Moyen-Orient.
Alors que la situation demeure fragile, la voix collective des BRICS pourrait peser dans les efforts de médiation à venir, notamment en réaffirmant l’importance du dialogue et du respect du droit international comme socle de la paix mondiale.




