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Dette, déficit et pétrole : le Sénégal joue-t-il sa crédibilité économique ?

Le Sénégal fait face à une montée en flèche de sa dette publique, exacerbée par la baisse des financements extérieurs, la forte hausse du service de la dette et des tensions accrues sur les finances publiques. La situation suscite de vives inquiétudes, tant à l’échelle nationale qu’internationale, notamment auprès du Fonds monétaire international (FMI). Selon…

Le Sénégal fait face à une montée en flèche de sa dette publique, exacerbée par la baisse des financements extérieurs, la forte hausse du service de la dette et des tensions accrues sur les finances publiques. La situation suscite de vives inquiétudes, tant à l’échelle nationale qu’internationale, notamment auprès du Fonds monétaire international (FMI).

Selon les chiffres officiels, à la fin du premier trimestre 2025, la dette publique a connu une progression notable. Le service de la dette a bondi de 44,5 % au quatrième trimestre 2024 en glissement annuel, atteignant 822,32 milliards de francs CFA (1,4 milliard USD). Il a poursuivi sa hausse au premier trimestre 2025, enregistrant une augmentation de 23,98 % par rapport à la même période de l’année précédente.

Parallèlement, les dépenses publiques, évaluées à 1 419,45 milliards FCFA (2,4 milliards USD), continuent de largement excéder les recettes, qui se chiffrent à 1 027,82 milliards FCFA (1,75 milliard USD), soit à peine 21,4 % des objectifs annuels. Ce déséquilibre persistant entre dépenses et revenus alimente un déficit structurel, d’autant plus préoccupant que les dons extérieurs ont chuté de 71,5 % en un an.

Près des deux tiers de la dette sont dus aux banques, principalement locales, sous forme d’emprunts à court terme et d’obligations souveraines. Le reste correspond à des arriérés opérationnels, notamment des subventions non versées, des dettes envers des fournisseurs, et des factures impayées dans les secteurs du BTP et de l’énergie.

Face à cette envolée de la dette, le gouvernement sénégalais affiche un optimisme mesuré. En marge des assemblées générales de l’Assurance pour le développement du commerce et de l’investissement en Afrique (ATIDI), les autorités ont présenté une stratégie économique ambitieuse à l’horizon 2050, reposant notamment sur le démarrage de la production pétrolière et gazière. Cette dynamique devrait porter la croissance à 8,8 % du PIB dès 2025, selon les prévisions officielles.

Vers un nouvel accord avec le FMI

Alors que les déséquilibres budgétaires persistent, le gouvernement sénégalais cherche à restaurer la confiance des bailleurs de fonds. Les discussions avec le Fonds monétaire international (FMI), suspendues depuis 2024 à la suite d’irrégularités dans la communication des données de dette et de déficit, ont récemment repris et seraient « très avancées », selon les autorités.

Le nouvel accord envisagé porterait notamment sur la réforme des subventions à l’énergie, dont les arriérés s’élevaient à plus de 146 milliards FCFA (248 millions USD) fin 2024. Il devrait également inclure un engagement renforcé en matière de discipline budgétaire, dans l’objectif de ramener le déficit public sous la barre des 3 % du PIB d’ici 2027.

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