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Rwanda : l’opposante Victoire Ingabire arrêtée dans le cadre d’une enquête sur une “organisation criminelle”

Les autorités rwandaises ont arrêté Victoire Ingabire, figure emblématique de l’opposition et présidente du parti non reconnu DALFA–Umurinzi (Développement et liberté pour tous). Elle est actuellement détenue dans un centre de détention à Kigali, la capitale, a annoncé ce jeudi 19 juin le Bureau d’enquête du Rwanda (RIB). Selon le RIB, elle est accusée d’avoir…

Les autorités rwandaises ont arrêté Victoire Ingabire, figure emblématique de l’opposition et présidente du parti non reconnu DALFA–Umurinzi (Développement et liberté pour tous). Elle est actuellement détenue dans un centre de détention à Kigali, la capitale, a annoncé ce jeudi 19 juin le Bureau d’enquête du Rwanda (RIB).

Selon le RIB, elle est accusée d’avoir participé à la création d’une organisation criminelle et d’avoir incité au désordre public. L’enquête à son encontre découle d’une décision de la Haute Cour dans le procès en cours visant Sylvain Sibomana, ex-secrétaire général des Forces démocratiques unifiées (FDU), et plusieurs de ses collègues. Le Bureau d’enquête précise que cette démarche vise à permettre à Ingabire d’être également jugée dans le cadre de cette procédure, sans toutefois indiquer la date de sa comparution devant le tribunal.

Son arrestation intervient au lendemain de sa présence à l’audience d’un procès à Kigali, où neuf personnes sont poursuivies pour avoir fait circuler un ouvrage de l’écrivain serbe Srdja Popovic, intitulé « Comment faire tomber un dictateur quand on est seul, tout petit et sans armes ».

Revenue d’exil des Pays-Bas en 2010 pour se présenter à l’élection présidentielle, Victoire Ingabire avait alors suscité la controverse en appelant à reconnaître toutes les victimes du conflit rwandais, y compris les Hutu, et pas seulement les victimes du génocide des Tutsi, au nom d’une réconciliation inclusive. Ces propos lui avaient valu d’être condamnée à 15 ans de prison. Elle a été libérée en 2018 après avoir bénéficié d’une grâce présidentielle au bout de huit ans de détention, mais reste interdite de participation aux élections.

En mars 2024, elle avait essuyé un revers judiciaire, la justice ayant rejeté sa demande de lever cette interdiction en vue de l’élection présidentielle.
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