L’opposante politique tunisienne Abir Moussi, présidente du Parti destourien libre (PDL), a été condamnée ce jeudi 12 juin, à deux ans de prison ferme par la chambre pénale du tribunal de première instance de Tunis. Ce jugement intervient dans le cadre d’une affaire de diffamation l’opposant à l’Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE).
Les faits reprochés à l’ancienne députée remontent aux élections législatives de 2022, lors desquelles elle aurait critiqué publiquement la commission électorale, selon son avocat, Me Nafaa Laâribi, membre de son comité de défense.
Cette décision s’inscrit dans une procédure enclenchée depuis plusieurs mois. Un mandat de dépôt avait été émis contre Abir Moussi le 21 février 2024. L’affaire avait ensuite été renvoyée devant la chambre d’accusation de la cour d’appel de Tunis, qui a validé, le 17 juillet 2024, la clôture de l’instruction et ordonné son renvoi devant la chambre criminelle. Un pourvoi en cassation, formé par la défense, a été rejeté pour vice de fond par la Cour de cassation.
Selon Habib Torkhani, porte-parole de la cour d’appel, Abir Moussi est poursuivie sur la base de la loi sur la cybercriminalité, pour usage de systèmes d’information et de communication, ainsi que pour la production et diffusion de fausses nouvelles de nature à troubler l’ordre public.
Arrêtée le 3 octobre 2023, Abir Moussi est en détention préventive dans le cadre de plusieurs affaires. En plus des plaintes déposées par l’ISIE, elle est également ciblée par une enquête liée au “bureau d’ordre” de la présidence de la République, ainsi que par une plainte déposée par une association tunisienne.
