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Tensions au Moyen-Orient : l’Afrique sous la menace d’un retour de l’inflation

13 juin 2025 – L’attaque  militaire israélienne contre l’Iran, survenue dans la nuit de jeudi à vendredi, fait craindre une nouvelle flambée inflationniste, en particulier en Afrique, région vulnérable aux chocs pétroliers et aux déséquilibres de change. Dès l’ouverture des marchés, la réaction a été immédiate : les principales places boursières européennes ont vacillé. Paris a perdu…

13 juin 2025 – L’attaque  militaire israélienne contre l’Iran, survenue dans la nuit de jeudi à vendredi, fait craindre une nouvelle flambée inflationniste, en particulier en Afrique, région vulnérable aux chocs pétroliers et aux déséquilibres de change.

Dès l’ouverture des marchés, la réaction a été immédiate : les principales places boursières européennes ont vacillé. Paris a perdu 1,22 %, Francfort 1,36 %, et Londres 0,41 %. Mais c’est surtout sur le marché de l’énergie que les secousses ont été les plus brutales : le baril de Brent s’est envolé à 77,46 dollars, en hausse de 12 %, tandis que le WTI atteignait 76 dollars. Une telle flambée n’avait plus été observée depuis mars 2020, au début de la pandémie de COVID-19.

Cette hausse brutale du prix du pétrole constitue une menace directe pour de nombreux pays africains, importateurs nets d’or noir et déjà confrontés à des pénuries structurelles de devises fortes, notamment de dollars américains. Une envolée durable du pétrole renchérirait les coûts d’importation (l’Afrique importe ses besoins alimentaires pour 75 milliards de dollars), alourdirait les subventions énergétiques, et nourrirait une inflation que plusieurs pays peinaient justement à contenir ces derniers mois.

Parallèlement, les investisseurs mondiaux se sont réfugiés dans les valeurs refuges. L’once d’or a bondi de 100 dollars, frôlant les 3 000 dollars, tandis que le dollar et le yen se sont renforcés face aux autres monnaies. Ce déplacement massif de capitaux illustre le risque perçu d’escalade régionale et de perturbations majeures sur les flux énergétiques.

Le scénario le plus redouté serait une fermeture du détroit d’Ormuz, par lequel transite près de 20 % du pétrole mondial. « Ce serait un cauchemar absolu », alerte Arne Lohmann Rasmussen, analyste principal chez Global Risk Management, dans Les Echos. « Si l’Iran bloque ce passage, cela affecterait directement l’offre mondiale et amplifierait les tensions sur les prix. »

Pour rassurer les marchés, le ministère iranien du Pétrole a affirmé que ses principales raffineries et installations n’avaient pas été touchées et que les opérations se poursuivaient normalement. Une déclaration qui vise à éviter la panique, mais dont l’effet reste incertain face à la possibilité d’une spirale de représailles dans une région déjà en proie à l’instabilité.

En résumé, l’Afrique, particulièrement dépendante des importations de produits pétroliers et vulnérable aux chocs exogènes, se trouve à nouveau confrontée à un risque d’inflation importée. Une situation qui pourrait peser lourdement sur la stabilité macroéconomique et sociale du continent, alors que les marges de manœuvre budgétaires restent limitées.

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