L’ancien patron du groupe Ecobank, Arnold Ekpe, signe un retour remarqué sur le devant de la scène économique. Il prend la présidence du conseil d’administration de Dangote Sugar Refinery Plc, succédant au fondateur du conglomérat, Aliko Dangote, qui se retire après près de deux décennies à la tête de l’entreprise.
L’annonce a été faite le 11 juin 2025 via une communication officielle de l’entreprise. L’entrée en fonction de M. Ekpe est effective à partir du 16 juin 2025. Son choix résulte d’un processus de sélection rigoureux destiné à assurer une continuité stratégique à la tête de ce fleuron de l’agro-industrie nigériane.
Ingénieur de formation et diplômé en MBA de la Manchester Business School, Arnold Ekpe dispose d’un parcours exceptionnel, mêlant ingénierie, finance et leadership bancaire. De Schlumberger à Citibank, en passant par IMB et FCMB, il gravit les échelons avant d’occuper le poste de PDG d’Ecobank Transnational Incorporated jusqu’en 2012. Il avait déjà rejoint le conseil de Dangote Sugar en tant qu’administrateur indépendant en 2024.
Une entreprise sous tension malgré une forte croissance
Son arrivée intervient dans un contexte délicat. Dangote Sugar a publié un chiffre d’affaires record de 213,93 milliards de nairas au premier trimestre 2025, en hausse de 74,31 % sur un an. Mais cette performance cache une réalité plus sombre : la rentabilité reste en berne, écrasée par des coûts d’approvisionnement qui ont englouti 95,67 % des revenus.
Résultat : un déficit avant impôts de 22,63 milliards de nairas, certes en nette amélioration par rapport aux 106,86 milliards perdus au premier trimestre 2024, mais toujours préoccupant. L’endettement reste très élevé, avec des emprunts ayant bondi de près de 51 % en un an, atteignant 727,29 milliards de nairas, soit plus de 81 % du total du bilan.
Des vents plus favorables en perspective ?
Malgré ces défis, plusieurs signaux positifs laissent entrevoir une possible inflexion. Le recul de la volatilité du naira au premier semestre 2025 a réduit de 98 % les pertes de change pour les grandes entreprises nigérianes, selon une analyse de Nairametrics. Dangote Sugar devrait logiquement en bénéficier.
Autre élément porteur : la baisse des prix mondiaux du sucre, soutenue par de bonnes conditions climatiques au Brésil, principal fournisseur du Nigeria. Une aubaine pour les raffineries locales — dont celle de Dangote — qui transforment les importations brésiliennes représentant 96 % des besoins du pays.
Avec cette nomination, Arnold Ekpe ne revient pas seulement dans le paysage économique nigérian. Il hérite d’un groupe en pleine mutation, confronté à des arbitrages stratégiques majeurs entre croissance, rentabilité et désendettement. L’ancien banquier saura-t-il transformer le rebond conjoncturel en relance durable ?




