La Banque mondiale, en partenariat avec le gouvernement ivoirien, le Population Council et le Center for Global Development, a lancé , ce mardi 10 juin 2025 à Abidjan, le rapport régional « Parcours vers la prospérité pour les adolescentes en Afrique ». Ce apport stratégique vise à orienter les politiques publiques vers un investissement accru dans l’éducation, la santé reproductive et l’inclusion économique des adolescentes, considérées comme des actrices essentielles du développement. Il a été élaboré par une équipe pluridisciplinaire composée de Nelsy Affoum, Kehinde Ajayi, Federica Franceri, Karine Kouacou, Estelle Koussoubé, Clémence Pougué Biyong et Léa Rouanet.
Avec une population jeune de 22 millions d’habitants, la Côte d’Ivoire est directement concernée par les enjeux de ce rapport. Les données montrent que seules 24,5 % des adolescentes âgées de 16 à 18 ans sont scolarisées, tandis que 23 % ont déjà connu une grossesse. Des écarts régionaux marqués accentuent la vulnérabilité des jeunes filles, notamment dans les districts du Woroba et du Zanzan, où plus de la moitié des adolescentes sont mariées, mères ou déscolarisées. Le rapport met également en lumière un accès inégal à la technologie et aux services financiers freinant davantage leur autonomisation.
Lors de la présentation officielle, Marie-Chantal Uwanyiligira, directrice de Division à la Banque mondiale, a lancé un appel fort en faveur de la scolarisation des jeunes filles : « il est important d’investir dans les jeunes filles car c’est un gain économique. Ce rapport permet de savoir ce qu’il faut faire pour donner de la chance à ces jeunes filles. Les filles ne sont pas un poids ; je fais un appel à tout un chacun, pour la scolarisation des jeunes filles. » Ce message s’aligne avec les initiatives déjà en cours comme Une Fille qui Apprend, Une Femme qui Gagne et le projet SWEDD.
Parmi les recommandations prioritaires du rapport figurent le renforcement des politiques éducatives, l’accès équitable aux services de santé reproductive, le développement de programmes d’insertion économique adaptés et l’application effective des lois en faveur des adolescentes. Le document plaide également pour une meilleure collecte de données désagrégées et une collaboration renforcée entre acteurs publics, privés et institutionnels. Investir dans les adolescentes, c’est miser sur une prospérité durable et inclusive pour la Côte d’Ivoire et pour l’ensemble du continent africain.
