Le seuil de pauvreté pour les pays à faible revenu passe désormais de 2,15 dollars à 3 dollars par personne et par jour, soit l’équivalent de 1 717,5 Franc CFA par jour . Pour les pays à revenu intermédiaire inférieur, il est relevé de 3,65 à 4,20 dollars, et pour ceux à revenu intermédiaire supérieur, de 6,85 à 8,40 dollars.
Cette révision s’inscrit dans le cadre des ajustements périodiques liés aux nouvelles données de parités de pouvoir d’achat (PPA), recueillies en 2021 par le Programme de comparaison internationale (PCI). Les PPA permettent de convertir les revenus et consommations nationaux dans une unité commune, en tenant compte des différences de coût de la vie entre pays.
Depuis sa première mise à jour en 2001, le seuil international de pauvreté a été révisé en 2008, 2015, 2022 et désormais en 2025. Si les montants évoluent, la finalité reste constante : mesurer la proportion de personnes vivant dans l’extrême pauvreté selon une norme minimale de subsistance, commune aux pays les plus pauvres.
Une cartographie mondiale profondément transformée
En 1990, près de 60 % de la population mondiale vivait dans des pays à faible revenu. En 2024, cette proportion est tombée à moins de 10 %, tandis que les pays à revenu intermédiaire regroupent près de 75 % de la population mondiale. Cette dynamique s’est accompagnée d’une forte baisse du nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté : 1,5 milliard de personnes en moins qu’en 1990.
Mais cette tendance s’essouffle.
Aujourd’hui encore, environ 808 millions de personnes vivent sous le seuil de l’extrême pauvreté, concentrées majoritairement en Afrique subsaharienne. À l’inverse des régions d’Asie de l’Est-Pacifique et d’Asie du Sud, qui ont significativement réduit leur taux de pauvreté, le continent africain reste le dernier grand bastion de la pauvreté extrême.
Une méthode de mesure enrichie et plus granulaire
Les enquêtes des ménages, devenues plus complètes et plus fréquentes, permettent une meilleure mesure du bien-être des populations. Elles prennent désormais en compte la consommation de services et biens non monétaires (repas hors domicile, téléphonie mobile, logement, etc.), affinant les indicateurs de dénuement.
Ces progrès statistiques ont conduit la Banque mondiale à introduire en 2017 deux seuils complémentaires à celui de l’extrême pauvreté : un pour les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure (4,20 dollars) et un autre pour ceux de la tranche supérieure (8,40 dollars). Ces seuils correspondent aux médianes des seuils de pauvreté nationaux au sein de chaque catégorie de revenu.
En 2024, la Banque mondiale a aussi lancé un indicateur d’écart de prospérité, destiné à mesurer le fossé entre les niveaux de subsistance des pays à faible revenu et ceux des pays riches.
Une pauvreté structurelle persistante
Si les progrès sont indéniables sur plusieurs continents, le ralentissement de la réduction de la pauvreté s’explique par des facteurs convergents : ralentissement économique, endettement croissant, instabilités géopolitiques, effets du changement climatique. Ces chocs répétés ont contribué à freiner les avancées observées entre 2000 et 2015.
L’Afrique subsaharienne, avec des États parfois en situation de fragilité chronique, reste confrontée à une pauvreté endémique. À ce rythme, l’objectif d’éradication de l’extrême pauvreté d’ici 2030 paraît hors d’atteinte.
