Le Nigeria a lancé une initiative ambitieuse visant à renforcer sa production laitière nationale, en important du bétail laitier en provenance du Danemark. Cette mesure s’inscrit dans un plan stratégique plus large visant à réduire les importations de produits laitiers, qui coûtent actuellement 1,5 milliard de dollars par an au pays. L’annonce a été faite ce lundi 2 juin par le ministre de l’Élevage, Idi Maiha.
L’objectif des autorités nigérianes est de doubler la production laitière, la faisant passer de 700 000 tonnes à 1,4 million de tonnes par an sur une période de cinq ans. Une nécessité pour répondre à une demande locale estimée à 1,6 million de tonnes par an, dans un pays qui dispose pourtant de l’un des plus grands cheptels bovins du continent africain.
Selon le ministre, les 20 millions de têtes de bétail du Nigeria sont majoritairement composées de races à faible rendement laitier, élevées de manière pastorale. Pour combler cet écart de production, une ferme locale a déjà importé plus de 200 génisses danoises, connues pour leur productivité élevée, et a mis en place un système d’élevage intensif.
« Avec plus de 20,9 millions de bovins, 60 millions de moutons et 1,4 million de chèvres, nous ne partons pas de zéro. Nous capitalisons sur notre potentiel existant », a souligné Idi Maiha.
Un cadre structurant en cours et défis
Dans le cadre de cette stratégie, huit nouvelles espèces de pâturages ont été officiellement enregistrées, une première en près d’un demi-siècle. Le gouvernement a également lancé, avec le soutien de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), une stratégie nationale sur les ressources génétiques animales, visant à améliorer les performances du secteur de l’élevage.
Malgré cette ambition, le projet devra faire face à plusieurs obstacles structurels : infrastructures rurales insuffisantes, accès limité au financement pour les éleveurs, et nécessité d’une réforme foncière pour encourager l’élevage sédentaire plutôt que nomade. Ces réformes sont jugées essentielles pour tirer pleinement parti de l’introduction de races à haut rendement et sécuriser les investissements dans la chaîne de valeur laitière.
