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Côte d’Ivoire : du rôle des données au service du Guichet unique du commerce extérieur

Ce lundi 2 juin, lors d’un panel consacré au thème : « Le commerce extérieur comme levier de souveraineté et de résilience économique : quelles contributions des guichets uniques numériques ? Focus sur le cas du GUCE », trois figures majeures du secteur économique et commercial ivoirien ont partagé leurs réflexions sur l’importance stratégique de…

Le directeur général du Guichet unique du commerce extérieur (GUCE), Kitifolo Kignaman-Soro

Ce lundi 2 juin, lors d’un panel consacré au thème : « Le commerce extérieur comme levier de souveraineté et de résilience économique : quelles contributions des guichets uniques numériques ? Focus sur le cas du GUCE », trois figures majeures du secteur économique et commercial ivoirien ont partagé leurs réflexions sur l’importance stratégique de la transformation numérique, et le rôle central du Guichet Unique du Commerce Extérieur (GUCE) dans cette dynamique. Une initiative qui a lieu en marge de la célébration des 10 ans du GUCE.

Kitifolo Kignaman-Soro, directeur général du GUCE CI, a mis en lumière les progrès significatifs accomplis par la plateforme devenue un acteur central du commerce extérieur ivoirien. « La plateforme a franchi des étapes majeures, notamment avec la triple certification ISO 9001, 27001 et 22301, gage de la performance de notre système de management intégré. », dira-t-il.

Ces certifications couvrent respectivement la qualité de service, la sécurité de l’information, et la continuité d’activité, des enjeux cruciaux pour garantir la confiance des usagers. Par ailleurs, il a annoncé une avancée majeure à venir : le lancement du Port Community System, qui viendra renforcer l’interconnexion entre tous les acteurs du système portuaire :« Ce système viendra accroître et améliorer les fonctionnalités déjà offertes aux usagers du GUCE CI. »

Structurer le secteur informel

Prenant la parole à l’ouverture de la cérémonie, Kalilou Sylla, directeur du Commerce extérieur, a présenté la deuxième phase du GUCE, qui ambitionne d’élargir les fonctionnalités de la plateforme pour répondre aux besoins des opérateurs économiques, y compris ceux du secteur informel : « La deuxième phase du GUCE va mettre à la disposition des opérateurs des modules dédiés. Le GUCE peut jouer un rôle dans le secteur informel en s’adaptant à leur activité. »

Il a aussi souligné l’importance stratégique de la valorisation des données pour la prise de décision publique. A l’en croire, le GUCE va mettre à disposition des données qui permettront d’avoir des informations sur le commerce et d’élaborer des stratégies commerciales.

Pour sa part, Stanislas Zézé, président-directeur général de Bloomfield Investment Corporation, a souligné l’importance des données comme levier de formalisation et de transformation de l’économie. Selon lui, c’est à travers les données que les États peuvent prendre des décisions éclairées : « Les données sont importantes dans la formalisation de l’économie. Elles permettent de voir là où l’on est faible et là où l’on doit renforcer la transformation. ».

Maitriser les flux commerciaux

Et d’insister sur le fait que le GUCE, en centralisant les informations sur les flux commerciaux, pourra devenir une source stratégique de données économiques. Cela permettra de suivre de près les évolutions des importations et des exportations, et de réagir en conséquence : « La Côte d’Ivoire est en train d’importer de plus en plus de produits, ce qui réduit l’excédent commercial. Si vous n’avez pas de contrôle ou d’impact sur vos produits à l’extérieur, cela met en cause la souveraineté économique. L’exemple du cacao est parlant », a-t-il expliqué.

Enfin, le patron de Bloomfield a rappelé que la souveraineté ne peut être pensée uniquement à l’échelle internationale, sans s’appuyer sur une économie intérieure solide :« Avant de développer le marché extérieur, il faut d’abord développer le marché intérieur. Il faut un marché domestique fort ».

Ce panel a mis en évidence une convergence de vues entre acteurs publics et privés : pour garantir la souveraineté économique, les États doivent s’appuyer sur une maîtrise fine de leurs flux commerciaux, une gestion rigoureuse des données, et une inclusion numérique des opérateurs économiques, y compris les plus petits.

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